La Nouvelle Tribune

Ecoutes téléphoniques : Hollande répond à Sarkozy

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« Laisser penser que notre pays, notre République, puisse ne pas être fondé sur les libertés, c’est introduire un doute qui n’a pas sa place. » Elle n’a vraiment pas tardé. La réaction de François Hollande à la tribune de Nicolas Sarkozy. Intitulé « Ce que je veux dire aux Français », cette tribune est publiée dans les colonnes du Figaro. 

L’ancien président y dénonce sa mise sur écoute par la justice et martèle que « des principes sacrés de notre république sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent.» Sarkozy y est allé très fort en comparant sa mise sur écoutes aux méthodes de la Stasi, la police politique de l’ex-Rda.  

En déplacement à Bruxelles pour un Conseil européen, François Hollande a réagi aux vives critiques de son prédécesseur. Il l’a fait hier, jeudi soir, juste quelques heures après que des extraits de la tribune de Sarkozy ont été publiés par le Figaro sur son site web, puis repris par plusieurs medias français. François Hollande rappelle à Sarkozy que son devoir, comme tout président de la république, c’est « d’assurer l’indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs, les droits de la défense, la présomption d’innocence, le respect des décisions  de la chose jugée qui s’imposent à tous.» Hollande a  poursuivi que son devoir est aussi de faire en sorte que les magistrats français puissent « faire leur travail non pas comme ils le pensent individuellement, mais comme le droit leur fait obligation d’agir.»  Son droit est enfin de « veiller » à ce que les avocats puissent assurer leur  tâche. « Ce devoir, je le ferai, je l’assurerai chaque fois que la justice sera mise en cause, car vouloir atteindre ces principes-là, c’est altérer la confiance que les citoyens doivent avoir à l’égard de la justice », a martelé François Hollande. Qualifiant d’ « insupportable » toute comparaison de la France avec des dictatures. Car, « Notre pays est démocratique, fier d’être reconnu comme celui des droits de l’Homme ».

La réaction de François Hollande vient s’ajouter à celles de certains membres de son gouvernement et des personnalités de gauche. Ce sont entre autres le premier ministre Jean-Marc Ayrault, la Garde des Sceaux Christine Taubira et le premier Secrétaire du Parti Socialiste (Ps) Harlem Désir.