La Nouvelle Tribune

Génocide rwandais : la Perpétuité requise pour Pascal Simbikangwa

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Premier procès sur le génocide rwandais assorti d’une perpétuité en France. C’est le verdict qui se dessine dans le procès de Pascal Simbikangwa qui se tient à Paris. Ce mercredi Devant la cours d’assises de Paris, l’accusation a requis la perpétuité pour génocide contre Simbikangwa.

Malgré l’état de l’ex-capitaine de la garde présidentielle en fauteuil roulant depuis 28ans, l’accusation n’est pas allée du dos de la cuillère. Elle a souhaité que l’accusé soit écroué à perpétuité pour avoir joué un rôle déterminant dans les massacres. L’avocat général Bruno Sturlese a estimé qu’il était nécessaire d’obtenir cette lourde peine pour honorer les victimes (Les morts et les vivants). Pascal Simbikangwa est accusé de complicité de génocide et de crimes contre l'humanité. Conformément aux dispositions du code pénal en vigueur en France, l’avocat général a présenté l’accusé comme un instigateur du génocide.

L’ex-capitaine de la garde présidentielle « a galvanisé, armé, ceux dont il savait qu'ils étaient devenus des chiens enragés (...) des massacreurs, des purificateurs. C'est un choix conscient et délibéré dans la ligne de son engagement politique » soutient l’accusation qui persiste et signe c’est un engagement « radical, extrémiste » pour le régime hutu. Aurélia Devos, le vice-procureur et chef du pôle crimes contre l'humanité créé à Paris en 2012 a également révélé des actes accablant contre l’accusé. Selon elle « Ces armes distribuées par Pascal Simbikangwa ont tué, elles ont tué et il le savait et il le voulait ». Pour Mme Devos, « distribuer ces armes à des (miliciens) interahamwe aux barrières, c'est donner l'ordre de tuer ». En dehors du fait qu’il soit le premier du genre en France, le procès revêt aussi un caractère historique parce que c’est «la première fois qu'une cour d'assises en France est saisie d'un tel chef d'accusation, du crime des crimes, le génocide ». Malgré ses multiples témoignages et rapports l’accusant, le capitaine Simbikangwa rejette tout ce qu’on lui reproche.

Tout au long du procès, il a nié les faits et soutenu qu’il n’a même pas vu un seul cadavre pendant les 100 jours au cours desquels 800.000 personnes, principalement des Tutsi, ont été massacrées d'avril à juillet 1994. Les avocats qui ont la lourde charge de se faire défenseurs de sa cause quasiment perdue prendront la parole ce Jeudi. Ils s’évertueront à remettre en cause la fiabilité des témoins, que le capitaine Simbikangwa décrit comme manipulés ou intimidés. Pascal Simbikangwa aura, en dernière position, la parole vendredi avant que le jury ne prononce son verdict ce même jour.