La Nouvelle Tribune

Niger : encore des arrestations de journalistes et d’un responsable syndical

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Cela commence par prendre l’allure d’une routine à Niamey. L’arrestation de journalistes et autres pourfendeurs du pouvoir en place devient récurrent. La dernière en date, c’est celle de trois journalistes de la radio privée Anfani intervenu le mardi 11 février dernier, suite à la diffusion de l’interview d’un syndicaliste, lui-même arrêté.

Le sujet objet de l’interview abordait un bras de fer qui oppose un syndicat de l’enseignement et un responsable de l’éducation nationale à Zinder. Le syndicaliste désapprouvait la mutation d’un enseignant de Zinder, région haoussa, vers sa région natale de Tilllabéri.

Pour Ismaël Salifou, le responsable syndical dont il est question, cette mutation aurait eu pour fondement, des critères ethniques. D’après des journalistes de Radio Anfani, le syndicaliste aurait laissé entendre lors de l’interview que « si l'on prolonge ce raisonnement, le président de la République Mahamadou Issoufou doit lui aussi quitter Niamey et regagner son village natal ». Et c’est sûrement cette phrase qui a été à la base de son arrestation. Les trois journalistes arrêtés sont, d’après nos sources, maintenus dans les locaux de la police judicaire.

Ces arrestations ne sont qu’une suite d’une série intervenue, depuis la fin du mois de janvier, après que le ministre de la justice, Marou Amadou, soit monté au créneau pour annoncer que le gouvernement n’allait plus tolérer de dérapages de la presse, sur fond de tension entre le chef de l’Etat et l’opposition.

On peut donc noter que deux journalistes de la presse privée, Soumana Idrissa Maïga le directeur du quotidien privé l’Enquêteur et Abdoulaye Mama, dit Abdou Wadata, journaliste et animateur sur la Télévision Bonferey, ont été arrêtés, le 25 janvier et gardés pendant quelques jours dans les locaux de la police judiciaire. Le 27 janvier, c’est au tour de deux autres journalistes et d’un membre de la société civile d’être interpellés. Il s'agit d'Ousmane Dambadji, directeur de publication du journal l'Union, de l'animateur de la chaîne de télévision privée Canal 3 Niger,  Zakari Adamou, et de Nayoussa Djimaraou, secrétaire général du Mouvement pour la promotion de la citoyenneté responsable.

Face a cette situation, Boubacar Diallo, président de la Maison de la presse, n’a pas caché ses inquiétudes. Selon lui, il s’agit d’une véritable remise en cause des acquis de la liberté de la presse au Niger