La Nouvelle Tribune

Assassinat de Dupont et Verlon au Mali : Une barbarie qui met fin à l’euphorie de la libération des otages français

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Barbarie et Tragédie. Il n’y a sans doute pas d’autres expressions pour qualifier ce qui s’est passé à quinze kilomètres à l’Est de Kidal, dans l’après-midi de ce samedi 02 novembre 2013. Tragédie et Barbarie sont bel et bien les expressions indiquées, pour désigner l’assassinat dans cette localité du Nord-Mali, de deux journalistes de Radio France Internationale (Rfi) que sont Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

En déplacement à Kidal, dans le cadre d’une émission spéciale qu’envisage de réaliser Rfi sur l’actualité dans le pays, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été enlevés en plein cœur de la ville, à 13 H 00 TU ce samedi, par quatre ravisseurs, alors qu’ils sortaient du domicile d’Ambeiry Ag Ghissa, un membre du Mnla, qu’ils venaient d’interviewer. Quelques heures après, leurs corps ont été retrouvés, criblés de balles, à quinze kilomètre de cette ville à problèmes. Tragédie et barbarie Cette mort de Dupont et Verlon, dans l’exercice de leur profession, est une tragédie pour eux. Bien que Kidal soit une localité à risque sur le plan sécuritaire, on ne pouvait imaginer que des êtres humains, deux journalistes à la quête de l’information, y soient assassinés. En se rendant à Kidal, ces deux confrères du terrain étaient sans doute conscients des risques qu’ils couraient. Ils pouvaient redouter des enlèvements, mais pas que des individus leur enlèveraient leur vie. Et comme s’est exprimé un journaliste béninois sur son profil Facebook, des barbares ont enlevé la vie à Dupont et Verlon, dont l’erreur a été de «vouloir donner la parole à tous les citoyens d'un pays frappé par une crise nourrie par la mauvaise gouvernance et les revendications ethniques». Et par cet assassinat, les ravisseurs des reporters ont pris tout le monde de court. Il y a seulement quelques jours, quatre autres citoyens français enlevés au Niger, avaient été libérés par leurs ravisseurs, après trois ans de captivité. Personne ne s’attendait à ce que ce geste d’humanité soit de sitôt suivi d’un acte si barbare. Fin de l’euphorie… Qui sont les auteurs de l’assassinat de Dupont et Verlon ? Qui en sont les commanditaires ? Quels en sont les motifs ? Autant de questions qu’on se pose, et qui sont toujours sans réponses. La confusion demeure toujours autour de ce double-assassinat. L’autopsie annoncée des corps des victimes, permettrait peut-être d’en savoir plus. Mais, en attendant, on constate que ces meurtres viennent mettre fin à l’euphorie qu’il y a eu ce mardi 29 octobre, quand des citoyens français retenus en otage dans le Sahel, avaient été libérés. Ce sont Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret, qui avaient été enlevés au Niger par Al-Qaida en 2010. On se demande d’ailleurs, s’il y a un lien entre la libération de ces otages et l’événement malheureux de samedi dernier. De plus, l’assassinat de ces deux journalistes met fin à l’euphorie qu’il y a eu avec la "réussite" de l’opération Serval. Une opération militaire qui a permis de chasser les groupes islamistes armées du Nord Mali, débouchant avec la participation très active de la France, à la tenue des élections. Ce qui a permis l’avènement du régime « démocratiquement élu » d’Ibrahim Boubacar Kéita. Un dénouement heureux à la crise politico-militaire que connaissait le Mali. D’ailleurs l’évènement du samedi permettra sans doute au tout nouveau régime malien, et à son partenaire, la France, de mettre de l’ordre dans l’amalgame sécuritaire qui règne à Kidal. Car, à vrai dire, dans cette localité, il y a un amalgame sécuritaire. Plusieurs forces de sécurité en présence. Et, entre les soldats français de Serval, les casques bleus de la Minusma, l’Armée régulière malienne, et les mouvements rebelles Touaregs, qui y répond en premier de la sécurité des personnes et des biens ?