La Nouvelle Tribune

Résolution de la crise en RDC : contre le M23, la solution n'est pas militaire

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"Il n'y a pas de solution autre que politique pour sortir de cette situation". C'est la prescription de Alexis Lamek, le représentant permanent adjoint de la France à l'ONU après les discussions qui ont eu lieu à l'occasion de la visite d'une délégation des quinze pays du Conseil dans la région des Grands Lacs.

Au nom du conseil de sécurité des Nations-Unies, il a déclaré samedi dernier qu'une option militaire dans la résolution de la crise en cours avec l'irruption de la rébellion du M23 dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), ne ferait qu'empirer la situation. Il est rejoint par Mohammed Loulichki, le représentant permanent du Maroc à l'ONU qui a aussi martelé "Il n'y a pas de solution militaire". Il faut alors ont-ils insisté que les négociations reprennent afin de saisir cette opportunité d'une résolution sans bain de sang.

La pomme de discorde.

Amnistier les membres du mouvement rebelle. C'est ce que Kinshasa ne veut entendre de ses oreilles. A l'Afp un des principaux négociateurs pour le gouvernement congolais, François Muamba, a indiqué que ces négociations se heurtent sur trois points : l'amnistie et l'intégration dans l'armée nationale des rebelles responsables de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou de violations graves des droits de l'homme, et le "devenir politique" des dirigeants du M23. En fin septembre, les autorités congolaises ont publié une liste d'environ 70 noms, parmi lesquels figurent les principaux dirigeants du M23, qui ne pourront être ni amnistiés ni intégrés dans l'armée dans le cadre d'un accord de paix. Elles ont également martelé qu'elles sont inflexibles sur ce point. M. Lameck a reconnu qu'il y a des questions sur lesquelles il est difficile de transiger. Mais il faut dit-il privilégier le dialogue. Pour rappel le M23, Mouvement du 23 Mars, est né de la mutinerie d'anciens rebelles -essentiellement tutsis - qui avaient été réintégrés dans l'armée. Ce qui peut-être explique l'intransigeance du gouvernement de Kabila.