La Nouvelle Tribune

Centrafrique : Jean Félix AKAGA explique les raisons d’intervention de la FOMAC dans l’événement de l’aéroport

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Le General AKAGA de la Force Multinationale de l’Afrique Centrale (FOMAC), a donné un éclairage sur  l’intervention des unités de la FOMAC en vue de libérer l’espace du tarmac de l’aéroport Bangui M’poko, occupé  par les habitants de Boeing qui se disent exaspérer par les multiples exactions au solde des éléments de la coalition SELEKA, lors d’un entretient avec notre correspondant à Bangui.

D’après lui l’intervention des unités de la FOMAC pour déguerpir les habitants de Boeing sur le tarmac de l’aéroport Bangui M’poko, a soulevé un tôlé. « Le mois passé, pour des raisons sécuritaires, une foule de population de Boeing a occupé le tarmac de l’aéroport de Bangui M’poko. Car, il n’est pas possible que le seul aéroport international viable puisse rester fermer pendant longtemps », a lâché d’entrée de jeu le général Jean Félix Akaga.

En effet,  l’occupation du tarmac de l’aéroport Bangui M’poko par les populations de Boeing, est justifiée pour des raisons sécuritaires. Pour ces populations, l’aéroport constitue pour elles le seul et l’unique lieu ou la sécurité pourra être garantie, puisqu’il se trouve sous le contrôle de l’armée française. Bien que cette occupation puisse avoir des conséquences négatives sur le bon fonctionnement dudit aéroport, ces populations n’ont pas d’autre choix que de l’y occuper.

Les raisons de l’intervention de la FOMAC

Bien que l’occupation du tarmac de l’aéroport  par la population de Boeing se justifie pour des raisons sécuritaires, mais cela n’en demeure pas indispensable pour des raisons stratégiques. Car selon le Général AKAGA, « L’aéroport Bangui M’poko est le seul aéroport international réservé aux trafics, il joue un rôle important dans l’économie de la RCA. Ainsi eu égard a l’état d’enclavement du pays, c’est a travers cet aéroport  que certains operateurs économiques s’approvisionnent en divers produits entre autres les produits pharmaceutiques. Donc il est hors de question qu’il soit resté longtemps fermer » a-t-il précisé. IL a en outre témoigné  de sa profonde gratitude envers les trois hautes personnalités religieuses notamment, l’archevêque de Bangui, l’imam de Bangui et le président des églises évangélique, de leur apport indéfectible qu’il qualifie d’un travail remarquable qui a permis l’apaisement des vives tensions au sein de la population dont une bonne partie s’est retirée.

Il convient de rappeler par ailleurs que l’une des raisons de l’intervention de la FOMAC était d’empêcher une éventuelle descente sur terrain des éléments de Seleka. « Nous avons tenu régler le problème de l’aéroport pour éviter que cela soit l’initiative des éléments de Seleka qui une fois sur le terrain, pourraient occasionner davantage des cas de perte d’Hommes ou des dégâts matériels », a dit le Général AKAGA, tout en reconnaissant que face à un nombre impressionnant des personnes qui sont restées sur la piste, munies des machettes et des cailloux, les unités de la FOMAC étaient obligées de les déguerpir par la force, sans dégâts corporels ou matériels grâce au professionnalisme dont ils ont faits preuve. Puisque la FOMAC a pour mission essentielle d’assurer la protection de la population donc il est hors de question de pouvoir décimer celle-ci. C’est-à- dire autant que les revendications de la population de Boeing sont prises en compte.

Un défi à relever ?

Concernant  la situation de Boy-Rab, le Général AKAGA a indiqué clairement que la FOMAC n’est pas une force d’occupation. Car sa mission ne consiste pas à livrer une guerre aux éléments de la coalition Seleka, considérées aujourd’hui comme les forces républicaines et régulières, lesquels assurent la sécurité du chef de l’Etat. Toutefois, au sujet du désarmement fait par les éléments de Seleka, il a déclaré que « lors d’une concertation, il est interdit aux éléments de Seleka de procéder au désarmement sans être appuyés par les gendarmes et les policiers. Mais c’était sur prenant de voir ces éléments procéder de manière unilatérale au désarment a Boy-Rab, et ce, en violation des préalables que nous avons mis au pont ». Cependant, la FOMAC a réagit en mettant en place quelques dispositifs tant a Boy-Rab qu’a Boeing.

A la question de savoir si les réactions des éléments de Seleka au détriment des décisions prises ne constituent-elles pas un défi a relevé par la FOMAC ? En repense, le General AKAGA a reprécisé que « une fois de plus, je vous réitère que la FOMAC n’a pas pour mission de livrer la guerre aux éléments de la Seleka, ni de les contre caler dans certaines de leur mission régalienne, puisqu’ils représentent aujourd’hui les forces régulières de la RCA. Donc parler d’un défi à relever n’est que de pure illusion ».

S’agissant du retrait des éléments tchadiens au sein de la FOMAC, revendiqué par la société civile, le Général AKAGA a fait remarquer que « tous les éléments de la FOMAC qui sont là, c’est à la demande de la RCA d’une part et des Etats membres de la CEMAC d’autre part. Donc c’est une question hautement politique relevant de la compétence des chefs d’Etats pour décider oui ou non du retrait d’un des contingents. Ainsi, il ne faut pas faire de l’amalgame autour de cette question. Certes nous avons adressé à qui de droit cette demande et nous attendrons la décision finale. C’est dire qu’il ne m’appartient pas d’exclure une partie de mes unité, bien au contraire j’en ai besoin » a-t-il soutenu.

Toutefois, le Général AKAGA a conclu que la FOMAC continuera toujours de prêter main forte aux autorités de la transition dans le cadre de la restauration de la paix sur toute l’étendue du territoire, avec bien sur l’appui des autres éléments supplémentaires de l’union africaine.