La Nouvelle Tribune

La France recentre son aide sur l’Afrique… mais sans plus de moyens

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Le Comité interministériel de la Coopération internationale et du développement (CICID) s’est réuni ce matin, pour la première fois depuis quatre ans, sous la présidence de Jean-Marc Ayrault.

Pour Oxfam France, cette réunion permet à la politique française de développement international de gagner, sur le papier, en cohérence, en ambition et en transparence. La priorité affichée à la lutte contre le changement climatique et ses conséquences, ainsi qu’aux inégalités de genre sont une bonne chose face aux multiples défis de la lutte contre la pauvreté et les inégalités au niveau mondial. Mais si l’annonce de nouvelles priorités sectorielles et géographiques concentrées en direction des pays les plus pauvres est positive, l’ONG souligne que des questions essentielles, comme la celles du budget de l’APD française et de la réforme de l’architecture institutionnelle de l’aide française, ont été évitées.

Pour Sébastien Fourmy d’Oxfam France :

« Les nouvelles ambitions de l’aide française pourront-elles être mises en place sans un budget adéquat ? Malgré la mise en place des financements innovants tels que la taxes sur les transactions financière et l’augmentation de la taxe sur les billets d’avion, les moyens de l’aide française n’augmentent pas et ne sont pas en adéquation avec les objectifs affichés ».

« Surtout, le maintien du système institutionnel actuel, d’une rare complexité, se fait au détriment de la cohérence, de l’efficacité et de la transparence pourtant voulue par le gouvernement. La Cour des comptes, en 2012, et l’OCDE, le mois dernier, sont les dernières institutions à avoir souligné les défaillance de cette organisation ». [2]

Le gouvernement a en revanche semble enfin avoir pris la pleine mesure de l’enjeu de la transparence de l’aide en annonçant la mise en œuvre du standard international « IATI- Initiative internationale pour la Transparence de l’aide » dans les pays pauvres prioritaires en 2014.

Les parlementaires examineront début 2014 la première loi d’orientation et de programmation sur le développement international. Oxfam France demande aux parlementaires français de se saisir de cette opportunité pour s’impliquer plus fortement et contrôler la politique d’aide au développement de la France, les moyens qui lui sont assignés et assurer sa transparence.