La Nouvelle Tribune

Convocation de Moïse Katumbi : attention danger en Rdc

Espace membre

On croise les doigts pour Moïse Katumbi en République démocratique du Congo (Rdc).  L’ex-gouverneur du Katanga devenu ennemi juré du régime Kabila se présente devant le parquet général de Lubumbashi ce lundi 9 mai 2016.

Objet de graves accusations par le pouvoir en place, l’homme dont la candidature à la prochaine présidentielle fait trembler Joseph Kabila et ses sbires va enfin s’expliquer au procureur sur ce qu’on lui reproche. Le richissime homme d’affaire et patron du football club du Tout-puissant Mazembe porté par une coalition de formations d’opposition est en fait diaboliser par le régime Kabila selon qui il recruterait des mercenaires  dont d’anciens militaires américains dans un but  déstabilisateur.

Craindre pour Katumbi

En temps normal le rendez-vous que Katumbi a ce lundi avec le procureur général devrait être admis comme un simple exercice juridique devant permettre de calmer les esprits. Mais depuis peu en Rdc, on assiste à des choses anormales et inattendues pour un Etat dont la toponymie résonne comme démocratique. C’est à la stupéfaction générale des Congolais que Alexis Thamwe Mwamba, le ministre de la justice a ordonné mercredi l’ouverture de poursuites judiciaires contre Katumbi, leur homme à abattre. Ceci est le prolongement d’une machination déguisée visant à jeter au gnouf celui qui visiblement à la poigne pour faire échouer les tentatives monarchiques du colosse Joseph Kabila. Aussi pour mieux appréhender la crainte, il faut se référer au cafouillage dans lequel cette convocation a été délivrée. Un premier mandat  de comparution convoquant l’ex-gouverneur au parquet pour samedi dernier a d’abord défrayé la chronique le vendredi.  C’est à la suite de  ce document sans objet qu’un second a été retiré par les avocats du mis en cause.

 Pour sa part rassure Moïse Katumbi, « Ma conscience est tranquille, ma vie très pacifique, je n’ai rien à cacher ».

Bien que serein, ne se reprochant rien, il n’est pas sans avoir de crainte pour sa propre sécurité, connaissant de quoi est capable le pouvoir en place. Et c’est à juste titre qu’il sollicite la protection de la Monusco.

« J’ai adressé une lettre à la Monusco pour solliciter leur protection, car je suis en danger, ma sécurité n’est plus assurée » a-t-il alarmé aux médias.

Cela semble d’autant plus inquiétant que l’opposant apprend que sa ferme située à 20 kilomètres de Lubumbashi a été perquisitionnée en son absence et en celle de ses avocats.

Congo propriété de Kabila

S’il y a un homme qui visiblement ne veut pas coller la paix aux Congolais, c’est celui qui est à la tête du pays. Joseph Kabila gère le Congo comme sa propriété. Ayant accédé au pouvoir après son père, l’actuel homme fort du Congo n’a visiblement plus envie de quitter bien la Constitution du pays l’en oblige. Il compte jouer sur le calendrier électoral pour conduire le pays dans une impasse et si possible dans une hécatombe. Comme quoi, après lui le déluge. Seulement le fils de Laurent Désiré Kabila  doit avoir à l’esprit que la démocratie ne désire pas des monstres politiques. Dans l’histoire de son pays, celle de Mobutu que son père a combattu devrait l’inspirer. Et si cela lui semble lointain, il n’a qu’à s’inspirer du récent renversement du puissant Blaise Compaoré par le peuple au Burkina Faso. A moins de vouloir finir comme Compaoré voir pire, Kabila peut toujours continuer à s’entêter. Le danger n’est jamais loin.