La Nouvelle Tribune

Référendums en Crimée et au Congo : quand la France affiche ses contradictions

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En l'espace d'un an, la position de la France et de son leader François Hollande sur les référendums a bien évolué. Et pour cause, deux consultations ont eu lieu dans deux pays différents. Différents de par la puissance de leur économie et de leur armée, mais aussi différents de par les intérêts que la France y tire.

Ne dit-on pas que les Etats n'ont pas d'amis, mais des intérêts? Mais à ce niveau-là il s'agit d'un retournement de vestes, que dis-je de manteau. Resituons le débat : En mars 2014, les autorités de la Crimée, principalement russophone, et ancienne région de l'Ukraine avaient décidé d'organiser un référendum sur le thème : pour ou contre l'adhésion à la Russie

Levée de bouclier occidental avec en tête de mire la France qui voyait là, un référendum je cite : " illégal et contraire à la Constitution ukrainienne. Il est d’autant plus illégitime qu’il s’est déroulé sous la menace des forces d’occupation russe." peut-on encore lire sur le site de France Diplomatie. Malgré une très forte participation et une victoire sans ambage du oui, la France a refusé de reconnaître la légitimité de ce scrutin. Un an plus tard un autre référendum a lieu ailleurs; dans un pays plus enclin à l'asservissement : le Congo de Sassou Nguesso. Fidèle allié de la France, un des derniers dinosaures, que dis-je président africain en place depuis plus d'une décennie. L'objectif du référendum : permettre à ce fidèle allié de la France de rempiler autant de fois que possible, jusqu'à ce que mort s'en suive

Lire Congo Brazzaville : l’Elysée rectifie la bourde de François Hollande

Cette fois-ci l'attitude de la France a été totalement différente. Loin de dénier aux autorités le droit d'organiser ce référendum comme en Crimée, la France l'a approuvé : « Nous respectons les choix, toujours, des autorités légitimes » a déclaré le président Hollande. Sauf que cette fois-ci, les militaires commandés par la fameuse autorité dite légitime ont tiré sur des manifestants non armés pour forcer le peuple à aller au référendum, contrairement en Crimée. Le référendum en question a été un fiasco en termes de taux de participation encore là, contrairement au référendum en Crimée. Malgré tout cela celui de Crimée n'a pas été reconnu alors que celui du Congo organisé sous les balles et contre l'avis du peuple a été légitimé. Après la publication des résultats, la France a même déclaré qu'elle prenait note du résultat... comme par hasard!

Les peuples ont soif de dirigeants dévoués à leur cause, et non prêts à tirer sur eux pour défendre leurs intérêts égoïstes. L'exemple burkinabè en est l'illustration. Et même si le peuple congolais avalait cette couleuvre cette fois-ci, il faudrait savoir que la fin des régimes oppresseurs en Afrique est proche.

Pour lnt, K. Konan (sociologue)