La Nouvelle Tribune

Côte d’Ivoire : La CEI remet en cause tous les résultats qui ont fuité

Espace membre

Les résultats annoncés ça et là quant à l'élection du président de la république de Côte d'Ivoire n'émanent pas de la commission centrale de la Commission électorale indépendante ivoirienne. C'est la quintessence d'un communiqué laconique que vient de rendre public la CEI.

"Les commissaires centraux viennent de rentrer de leur mission de supervision en région sur l'ensemble du territoire ivoirien et ont commencé la validation des résultats" lit-on dans le communiqué signé du président de la CEI, Youssouf Bakayoko. Le communiqué informe que les résultats seront rendus publics au fur et à mesure de leur validation. Il faut signaler que pour le moment aucun chiffre n'a été communiqué.

L’Opposition dénonce des irrégularités dans le processus électoral

Le scrutin présidentiel ivoirien s’est déroulé avec beaucoup d’irrégularités qui entachent sa crédibilité. C’est en tout cas ce que pense la Coalition nationale pour le Changement (CNC) qui regroupe les candidats de l’Opposition ivoirienne. Dans une déclaration de presse signée pour le président de la CNC par Jean-Enoc Bah, la Coalition relève un certain nombre d’irrégularités.

Ces dernières vont de la violation du code électoral à l’ouverture tardive des bureaux de vote et le mauvais fonctionnement du matériel biométrique.  Selon la coalition, le taux de participation, contrairement aux chiffres annoncés par la commission électorale indépendante, tournerait autour de 20%. Lire ci-dessous l’intégralité de la déclaration dont votre quotidien a eu copie.

DECLARATION DE LA CNC RELATIVE AU SCRUTIN DU DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015

A la suite du scrutin du dimanche 25 octobre 1025 relatif à l’élection présidentielle et au regard des informations qui nous sont parvenues de la part de nos militants sur toute l’étendue du territoire, la CNC relève plusieurs points d’irrégularités dans le déroulement de ce scrutin.

La défaillance technique en termes d’organisation

La CNC fait remarquer une défaillance dans l’organisation du scrutin notamment :

- l’ouverture tardive des différents bureaux de votes,

- le matériel biométrique non fonctionnel ou inexistant

- l’incapacité des agents de la CEI à utiliser correctement ce matériel biométrique.

- l’absence d’isoloirs dans plusieurs bureaux de votes

Des agents de l’Etat et même certains travailleurs y compris la population ont été l’objet d’intimidation pour les forcer à aller voter. Certains ont été tout simplement victime de corruption. Des convoyages et rémunérations d’électeurs dont certains parmi eux ne sont pas inscrit sur la liste électorale ont été organisés dans plusieurs localités. De nombreux électeurs ont été surpris de voir, lorsqu’ils arrivent dans leur bureau de vote qu’on a voté à leur place. Ce cas a été avéré à Yamoussoukro et dans plusieurs villes du nord du pays.

La violation de la loi électorale a été constatée d’abord dans la prorogation du délais de retrait des cartes d’électeurs là où la loi prévoyait un délais de 15 jours avant le scrutin, en suite dans la prorogation du délais de fermeture des bureaux de votes. Là où la loi prévoit la fermeture des bureaux de votes à 17h30, certains bureaux ont pratiquement fermés à 19H. Sans oublier l’appel du candidat-président lancé en plein vote demandant aux populations de prendre un peu de leur temps pour aller voter alors que la campagne présidentielle avait pris fin la veille à minuit.

Au regard de ce qui précède et des données collectées par la CNC et contrairement à la CEI, le taux de participation à ce scrutin oscille entre 15 et 18 %

La CNC félicite d’abord ses candidats que sont le professeur Mamadou Koulibaly et le premier ministre Charles Konan Banny qui ont le courage de se retirer de cette parodie d’élection. Elle rend hommage au vaillant peuple souverain de Côte d’Ivoire qui a suivi avec brio le mot d’ordre de boycott de ce scrutin dont les résultats étaient connus d’avance.

En s’abstenant massivement de participer à cette mascarade, le peuple ivoirien vient ainsi de confirmer qu’il n’ait pas besoin de prendre les armes pour se faire entendre.

La CNC renouvelle son attachement aux valeurs démocratique et demande au peuple ivoirien de se tenir prêt pour la suite de la lutte.

Fait à Abidjan le 26 octobre 2015
Pour la CNC, le Président
Bah Jean-Enoc

Statu quo à la CEI, toujours pas de résultats officiels

48 heures après la fermeture des bureaux de vote dans le cadre de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, il n’y a toujours de pas chiffres officiels quant aux résultats, si ce n’est le taux de participation de 60% qui fait polémique. Dans les rues d’Abidjan, les Ivoiriens s’impatientent, notamment depuis l'annonce de la victoire du président sortant, Alassane Ouattara par le candidat indépendant Koudio Konan Bertin dit KKB et la circulation sur les réseaux sociaux de certains chiffres de la présidentielle.

« On ne sait pas pourquoi la CEI- Commission électorale indépendante- tarde à rendre publics les résultats alors que tout le monde sait que Ouattara a fait KO », s’est exprimé avec beaucoup d’impatience, Ismaël Koné, un jeune chauffeur rencontré au carrefour La vie à Cocody. « Ils n’ont qu’à faire ils vont libérer les gens », s’écrie de son côté Aïcha, une partisane du président sortant qui « attend les résultats officiels pour fêter ».

« On aussi a envie d’être libéré »

Au niveau de la Commission électorale indépendante sise dans le quartier du deux plateaux, on s’impatiente aussi. Et ce, surtout dans le rang des journalistes qui font le pied de grue depuis plusieurs jours. L’impatience est d’autant plus grande qu’il n’y a aucune information quant au niveau d’évolution des travaux à la Commission électorale. Mais le responsable communication de la commission de la CEI, Inza Kigbafory rassure. « Les membres de la commission sont en train de consolider les résultats et d’ici à là, on va vous les communiquer », a-t-il confié sans plus de précision. Et aux plaintes des hommes des médias pour qui l’attente devient interminable, il rétorque: « Nous aussi, on a envie d’être libéré », a-t-il lancé.