La Nouvelle Tribune

Côte d’Ivoire: tension à la veille de la fin de la campagne présidentielle

Espace membre

Dimanche 25 octobre 2015, les Ivoiriens iront aux urnes pour élire leur président. A soixante douze heures de cette élection présidentielle, les candidats sont sur le terrain - à l’exception de l’ancien Secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine, Essy Amara et Mamadou Koulibaly, l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne qui se sont retirés-.

Ils essayent de convaincre les Ivoiriens d'adhérer à leur vision. Mais la campagne qui doit prendre fin est bien terne. La fièvre électorale se fait en effet, très peu sentir.

Dans la capitale économique, les affiches des candidats sont presque invisibles. Seuls les posters du président-candidat Alassane Ouattara couvrent certains panneaux publicitaires. Les autres candidats, notamment  Kouadio Konan Bertin (KKB), Charles Konan Banny et le candidat du Front populaire ivoirien Pascal Affi N’Guessan viennent dernière avec quelques affiches ça et là.

Outre cela, il est à souligner que la campagne se déroule dans une atmosphère tendue. Ce jeudi, lors d’une sortie médiatique, les directeurs de campagne du président-candidat Alassane Ouattara, s’en sont verbalement pris à certains de leurs adversaires à la course pour le palais de la présidence, notamment l’ancien premier ministre ivoirien, Charles Konan Banny et l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Jeannot Ahoussou Kouadio, le directeur national de campagne pour répondre à ce qu’il estime être des propos désobligeants qui seraient tenus à l’endroit du président Ouattara,  a taclé certains concurrents. Ces derniers seraient des « candidats suscités » qui se caractérisent, selon Jeannot Ahoussou Kouadio, par « l’incompétence » et  le « manque de confiance » mais surtout ils ne sont pas sérieux selon eux. L’ancien premier ministre Banny, à en croire, le directeur de campagne est un doublon, notamment de l’ancien président Laurent Gbagbo. L’ancien président de l’Assemblée nationale, lui, serait inconstant et il « ferait mieux de prendre la craie » 

La peur au ventre

Cette montée d’adrénaline à la veille de la fin de campagne ajoutée aux appels de boycott du scrutin du dimanche prochain par certains candidats, au motif que les conditions d’une élection sécurisée et transparente ne sont pas réunies, n’est de pas de nature à rassurer les Ivoiriens. Ces derniers semblent très peu enthousiasmés par cette nouvelle joute électorale quatre ans après les violences postélectorales de 2011 qui ont fait officiellement plus de 3000 morts. « On a peur avec ces élections », a confié une Abidjanaise rencontré aux deux plateaux. Pour elle « affaire d’élection en Côte d’Ivoire est égale à se cacher ».

Et pour éviter que les violences de 2011 ne se répètent, les Ivoiriens s’en remettent à Dieu. Les messes et prières pour demander des élections apaisées, sans aucune violence se multiplient dans le pays et même à l’extérieur du territoire ivoirien.

Yao Hervé Kingbêwé (envoyé spécial en Côte d'Ivoire)