La Nouvelle Tribune

Burkina : les larmes de crocodile du déstabilisateur Diendéré au retour de Kafando

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Vive la résistance populaire ! Immense joie ce mercredi à Ouagadougou où dans la liesse populaire les Burkinabés ont assisté au retour au pouvoir du président de la transition Michel Kafando, et de tout son gouvernement, une semaine jour pour jour après leur renversement par les putschistes du Régiment de sécurité présidentiel dirigé par le Général Gilbert Diendéré.

Retour à la normale donc au pays des hommes intègres, qui armés de détermination et de patriotisme, ont contraint des ennemis de la nation à déchanter. Désillusionnés par un peuple assoiffé d’une véritable démocratie, les putschistes sont désormais au regret. Gilbert Diendéré le N°1 de la junte s’est fondu dans un mea culpa dont la sincérité reste à prouver. « Le plus gros tort avait été de faire ce putsch » a-t-il dit désillusionné. Qu’à cela ne tienne, cette déclaration ne ramènera pas à la vie, les Burkinabés tués par ses hommes et ne réparera pas tous les dégâts matériels que le peuple burkinabé doit encore payé de sa bourse. Le requiem de l’impunité est déjà entonné et ces regrets exprimés au bout des lèvres, dignes des larmes de crocodile, ne peuvent arracher Gilbert Diendéré et sa troupe d’assassins de la démocratie, des mailles de la justice qui menace de s’abattre sur leurs têtes. Un homme prévenu en vaut plusieurs, le peuple burkinabé en chassant Blaise Compaoré en octobre 2014, avait explicitement manifesté son intention de ne plus se soumettre au joug de quiconque.

Quel sort pour Diendéré et ses hommes?

S’il est clair que Diendéré et ses hommes doivent répondre de leurs actes, il y a lieu de se demander quel châtiment leur sera infligé. « Il faut, enseigne un dicton béninois, choisir le bâton à la mesure de l’enfant qu’on veut châtier ». Bien qu’ayant cédé à la tentation de l’usage de la force pour régner, ils demeurent des soldats qui peuvent encore contribuer à la sécurité du pays. Les bannir de l’armée ne serait pas une solution à envisager pour la stabilité du pays. La repentance du pécheur étant ce qui est recherché et non sa mort, il convient de recommander au peuple burkinabé de soumettre Diendéré et ses hommes pécheurs devant la nation, à une pénitence qui leur permettra de revenir se mettre encore au service du pays.

Attention à la stigmatisation

De retour à la tête de la transition qui n’aura que quelques mois à faire, Michel Kafando et son gouvernement doivent éviter de sombrer dans la stigmatisation. Sûrement encore sous l’influence de l’émotion, le président Kafando a fait allusion à des « forces du mal » dans son discours à l’occasion de la cérémonie de réintégration. Le moment n’est pas à tenir des discours populistes mais au travail pour remettre le pouvoir à un gouvernement démocratiquement élu qui aura la lourde mission de relever les nombreux défis qui l'attendent sur le chantier de la construction d’un Burkina Faso où l’impunité n’a plus de place. Michel Kafando et toutes les autorités de la transition ne sont pas sans savoir que « qui trop embrasse, mal étreint ». La cohésion et l’unité recherchée pour l’armée burkinabé et partant pour tout le peuple, pourraient pâtir d’un régime de stigmatisation.

Le message aux peuples africains

Journée historique pour le Burkina Faso, ce mercredi 23 septembre 2015 l’est aussi pour toute l’Afrique. Ouagadougou vient de montrer la voie à suivre aux autres peuples africains dans un contexte où des chefs d’Etats du continent noir se croient encore plus fort pour saccager la démocratie dans leurs pays. Il n’y a pas que les peuples du Maghreb qui savent se révolter pour chasser leurs oppresseurs, les Burkinabés viennent de donner éloquemment la preuve que les peuples d’Afrique noirs ont aussi la capacité et les moyens de renverser toute force du mal aussi puissante qu’elle soit. Avis donc à Joseph Kabila, le président de la République démocratique du Congo qui excelle dans des gymnastiques périlleuses pour lui et tous ses soutiens. Blaise Compaoré et ses alliés du Cdp sauront mieux le conseiller s’il veut bien.