La Nouvelle Tribune

Algérie : Bouteflika, vieux président fait grand bruit

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Bien qu’apathique, Abdelaziz Bouteflika le vieux président algérien affaibli par la maladie, fait grand bruit. Il a relevé dimanche, le Général Toufik, son tout-puissant chef du renseignement qu’il a systématiquement envoyé à la retraite.

En remplacement du Général Toufik, le président Bouteflika a nommé son conseiller à la sécurité, le Général Athmane Tartag. Considéré jusqu’ici comme l’indéboulonnable patron des renseignements algérien, Mohamed Mediene de son vrai nom, le Général âgé de 76 ans est désormais condamné à consacrer ses vieux jours aux petits soins de ses petits-fils pendant que le Président de 78 ans continuera de diriger la grande Algérie. Général de corps d’armée, le mastodonte Toufik est emporté par la vague de réforme qui touche les services de sécurité en Algérie. Réforme qui serait liée à la guerre de succession à la tête du pays. Avec ce départ forcé à la retraite, le président Bouteflika met fin à 55 ans de service qui ont fait du général Toufik, celui qui est considéré comme le plus puissant homme d’Algérie.

Combats de gladiateurs

Au sein du tout puissant appareil sécuritaire qui a main mise sur le pouvoir en Algérie, les responsables de l’armée se livrent un impitoyable combat de gladiateurs autour du président Bouteflika malade depuis des années. Ceux qui ont la confiance du président font tout pour éliminer du système des personnalités militaires considérées comme des obstacles. Fin août, le Général Hassan, ancien chef des renseignements algérien en charge de la lutte anti-terroriste, a été placé en détention pendant quelques jours, un an après avoir été mis à la retraite et placé sous contrôle judiciaire. Cette guéguerre au sein des services de renseignements est ravivée par des accusations permanentes de complots contre le chef de l’Etat. Le Général Toufik a été à plusieurs reprises accusé de s’opposer au dernier mandat que le président Bouteflika s’est arrogé malgré sa santé défectueuse. L’enjeu de ce conflit interne qui ne dit pas nom est de taille. Au-delà du président Bouteflika, ce sont trois successions qui sont en vue. On parle du chef des renseignements et du chef d’état-major qui sont d’âge très avancés et qui comme le président de la république doivent nécessairement passer le témoin. Ce qui, au regard de la situation politique de l’Algérie, affecte le pays de fond en comble.

Déblayage

Avec l’écho de la retentissante mise au garage de l’influent chef de renseignement, le président Bouteflika contredit ceux qui l’estiment trop vieux pour indiquer le cours que prendra l’Algérie après lui. Le cacochyme président est actif dans une opération de déblayage dans son entourage pour s’assurer que son clan continuera de régner sur l’Algérie pendant des années encore. Une sorte d’«après nous, c’est nous» à l’algérienne. En juillet dernier, de façon inédite, il avait limogé les patrons de la sécurité intérieure, de la sécurité présidentielle et de la garde républicaine. C’était un signal de ce que Bouteflika voulait renforcer sa garde rapprochée avant de se lancer dans les grandes réformes qui pourraient lui être fatales si elles n’aboutissaient pas selon le plan peaufiné. Il faut donc s’attendre à ce que le vieux président depuis lors confiant dans sa sécurité, fasse davantage de bruit par changements spectaculaires comme celui qui met au repos le Général Toufik.