La Nouvelle Tribune

Attentat de N'djaména : dure flagellation pour le Tchad

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Ça tourne à la flagellation pour le Tchad. Après la double attaque de mi-juin dans laquelle 38 personnes ont trouvé la mort, Boko Haram a une fois encore, frappé N'djaména par un attentat meurtrier qui a fait au moins 15 morts, 80 blessés.

Cet attentat survenu dans la matinée de ce samedi a eu pour cible le marché central de la capitale tchadienne. Un homme kamikaze portant une burqa, a déclenché sa charge d’explosifs à l’entrée du marché après avoir été intercepté par des agents de sécurité positionnés à ce passage exclusivement réservé aux femmes.

Œil pour œil

Avec cette nouvelle attaque qui endeuille N'djaména, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la secte islamiste nigériane est entrée dans une guerre sans merci avec le pays de Idriss Deby Itno. Après la double attaque de mi-juin, la première du genre à Ndjaména, le président tchadien avait promis réagir comme cela se doit. « Je promets que cette action ne restera pas impunie » avait déclaré le président Déby qui était hors du territoire national. Menace mise à exécution par l’armée tchadienne qui a mené des frappes aériennes sur des positions de la secte islamiste au Nigéria. Mais c’est sans compter avec la témérité de Boko Haram revigoré par son allégeance au groupe terroriste Etat islamique.

Le président tchadien, faut-il le rappeler, avait trop tôt crié victoire face à la secte nigériane de Shekau. Le président Idriss Deby qui accuse une main invisible et de mystérieux commanditaires d’être à l’origine de la foudre meurtrière qui s’abat sur son pays, avait affirmé savoir où se cache Abubakar Shekau, le N°1 de Boko Haram et menacé de l’éliminer.

Le Tchad et l’Afrique de l’Ouest dans la tourmente

Avec des agents de la mort qui peuvent, s’exploser n’importe où, n’importe comment, à n’importe quel moment, la sécurité est de plus en plus menacée au Tchad. Idriss Deby, le président tchadien en est bien conscient. « Personnellement, je ne suis pas trop surpris puisque depuis notre engagement aux côtés des pays qui sont menacés par les terroristes, j’ai continuellement dit au gouvernement de ne pas baisser la garde » avait-il déclaré après la double attaque contre une école et un commissariat de Ndjaména.

Mais au-delà du Tchad, c’est toute l’Afrique de l’ouest qui se retrouve menacée. Selon certaines indiscrétions, Boko Haram en dehors du Tchad réputé pour son armée proactive, projette des attaques dans tous les pays contributeurs de la force sous–régionale engagé aux côtés du Nigéria. Le Nigéria où est basée la secte Boko Haram subit régulièrement depuis des semaines une recrudescence d’attaques meurtrières qui brisent à grand feu les espoirs des populations après l’élection du président Buhari qui a fait de la lutte anti-Boko haram, une de ses priorités.

Et pour une secte qui a déjà tué plus de 15.000 personnes et fait au moins 1,5 millions de déplacés, il serait temps que de véritables moyens d’en arriver à bouts soient déployés.