La Nouvelle Tribune

Paix en Centrafrique : Bozizé et Djotodia bafouent l’accord de Brazza

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Beaucoup d’efforts fournis sans grand résultat. C’est ce à quoi se résume, l’accord de Brazzaville que les deux grands acteurs de la crise centrafricaine à savoir les présidents Michel Djotodia et François Bozizé n’ont pas paraphé. Entériné par une déclaration d’engagement signé à Nairobi après plus de Cinq mois de statu quo, par les hommes de ces deux gladiateurs de l’arène centrafricaine, cet accord devrait consacrer le retour progressif à la paix.

Mais c’est au grand désarroi des parrains de cet accord, les présidents Dénis Sassou-Nguesso du Congo Brazzaville et Uhuru Kenyatta du Kenya, que les deux rivaux n’ont pas daigné apposer leurs signatures sur la déclaration d’engagement de Nairobi. Déjà traité d’accord a minima sans aucune garantie de contraindre les belligérants à déposer les armes, cet accord de Brazzaville s’était mué en une simple déclaration d’engagement à Nairobi. Mais, malgré cet allègement, il n’intéresse visiblement pas Michel Djotodia qui s’est rendu à Nairobi et son ennemi juré, François Bozizé qui a posé un lapin aux principaux médiateurs.

Clé de lecture

A chercher à comprendre l’attitude de ces deux ex chefs d’Etats centrafricains, on se rend compte qu’elle est motivée par le dédain des occidentaux pour cet accord de Brazzaville. Les partenaires occidentaux avec la France en tête, n’ont pas donné leur bénédiction pour que cet accord soit validé. Cet accord, faut-il le rappeler, est constitué de 09 articles qui pêle-mêle, disposent que les deux camps rivaux, à savoir les ex-Séléka de Djotodia et les anti-Balaka, proches de Bozizé, ne devraient plus s’adonner à des exécutions sommaires, ni aux actes inhumains comme la torture. De même qu’ils s’engageraient à supprimer les barrières qu’ils ont disposées çà et là dans le pays, chacun dans les territoires contrôlés. Les critiques à l’encontre de cet accord mettaient surtout en exergue l’absence de dispositions claires ordonnant le désarment des belligérants. Sans doute, une raison suffisante pour servir de subterfuge aux deux ennemis principaux acteurs d’une crise centrafricaine qui s’éternise.