La Nouvelle Tribune

11 septembre 2001 -11 septembre 2011 : dix ans de traumatisme mondial

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La superpuissance américaine est morte le 11 septembre 2001. La cinglante provocation consécutive aux attentats spectaculaires qui ont endeuillé les Etats-Unis d’Amérique et interloqué le monde ce jour-là a laissé des traces indélébiles dans l’histoire. Il est vrai, à l’heure du 10e anniversaire, on n’a pas entendu Oussama Ben Laden se réjouir, ni promettre des lendemains plus sombres. « Justice est faite » avait lancé Barack Obama en annonçant son élimination après plus de neuf ans de traque et de cavale. Saddam Hussein y est aussi passé par pertes et profits. Deux guerres et plus.

Des centaines de soldats, policiers, agents secrets américains sur le qui-vive à travers le monde. Et pourtant, le citoyen américain n’est pas plus certain aujourd’hui d’être en sécurité dans son pays qu’à l’extérieur. Le 11 septembre 2011, le monde regarde une Amérique qui recherche panse encore ses plaies et songe à soigner d’éventuelles autres à venir.

 

Le 11 septembre 2001, c’est une histoire de dysfonctionnements. Dysfonctionnements dans le système sécuritaire d’un Etat considéré, non sans raison comme la première puissance mondiale. A la grande stupéfaction de la planète entière, la cible visée par un ennemi infiniment insignifiant, s’est trouvée être les Etats-Unis d’Amérique. Touché ainsi dans son égo et dans sa chair, le « Commandant en Chef » du monde se devait de réagir. Réagir pour prouver que l’affront ne remettait pas en cause son hégémon. Réagir pour venger les milliers de victimes de ces terribles attentats. Le peuple américain et son président de l’époque ont réclamé du sang. Et des têtes. Le sang a coulé. Les têtes ont été tranchées. Pas toujours selon les règles internationales en vigueur en la matière, mais qu’importe, l’Amérique voulait sa revanche. Elle l’a eue. Et pourtant, rien, plus rien n’est comme avant. Et plus jamais rien ne sera comme avant.

Il est révolu le temps où les citoyens américains pouvaient se promener à travers le monde avec sur le sac en bandoulière, la bannière étoilée ou l’effigie du président des Etats-Unis d’Amérique. Dans la quête d’une revanche immédiate et d’une sécurité retrouvée, le pays de l’Oncle Sam a mené une véritable croisade contre le terrorisme depuis 2001. Sauf que cette croisade ne s’est pas contentée de combattre les terroristes identifiés et reconnus comme tel. Sans discrimination, c’est à un amalgame que le monde a assisté. Une réaction disproportionnée et totalement illégale et irrationnelle notamment face au régime certes dictatorial de Saddam Hussein, mais dont il n’a jamais pu être établi qu’il entretenait des liens avec le terrorisme international. La lutte contre le terrorisme n’a fait qu’éloigner les Etats-Unis de leurs alliés traditionnels et renforcer les rancœurs de certains peuples et Etats arabes à leur endroit. Comme dans une quadrature du cercle, un perpétuel recommencement, plus étaient déployés de moyens de restaurer la sécurité intérieure et extérieure du pays, plus étaient déclenchées les hostilités à l’endroit de ce mastodonte dans un magasin de porcelaine. C’est surtout la religion musulmane et ses pratiquants qui en payent le prix.

L’Amérique, depuis, tente de regagner le cœur du monde. Le discours de Barack Obama au Caire en 2010 est passé par là. Mais il est bien malaisé de recoller les césures que l’Administration Bush a sciemment ou inconsciemment causées dans les relations entre les Etats-Unis et le reste du monde. D’autant plus que le problème majeur à la racine du terrorisme islamiste, le dossier palestinien en l’occurence, n’a jamais été concrètement abordé dans l’optique d’une résolution définitive. Bien au contraire, l’administration Obama a déjà annoncé son intention de s’opposer à une proclamation de l’Etat de Palestine lors la prochaine session de l’Assemblé générale de l’ONU par l’opposition d’un veto au Conseil de sécurité. De quoi démontrer que les Etats-Unis sont ce qu’ils sont et que, quel que soit le parti politique au pouvoir, la politique sécuritaire qui ne prend pas en compte les intérêts de l’allié israélien n’existe pas. Peu importe si cela doit remettre en cause les discours dont le président américain a démontré qu’il sait mieux les rédiger et les présenter que les mettre en pratique.

Il est une certitude à l’occurrence de l’anniversaire du 11 septembre 2001, la victoire dans la guerre internationale contre le terrorisme n’est pas acquise. Et ce d’autant moins que la notion même de terrorisme n’est pas définie avec précision. Il n’en demeure pas moins que la guerre continue. Et mérite, pour l’expérience, d’être coordonnée afin que la dissémination de la menace, la dilution de la nébuleuse, la capacité de nuisance revitalisée des mouvements djihadistes ne trouve plus terrain d’expression propice.