La Nouvelle Tribune

FAO : le nouveau directeur général promet «une nouvelle ère»

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José Graziano da Silva, élu dimanche à la tête de la FAO, a annoncé lundi «une nouvelle ère» à l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, promettant d’en finir avec la malnutrition et de collaborer avec les pays du Nord pour éviter tout blocage. Lors de sa première conférence de presse, José Graziano, qui l’a emporté par 92 voix contre 88 face à l’Espagnol Miguel Angel Moratinos, a reconnu que «l’élection avait été difficile, presque un match nul», les pays s’étant largement divisés entre ceux du Nord et ceux du Sud.

«Nous voulons initier une nouvelle ère dans l’organisation», a dit le premier Latino-Américain élu à la tête de la FAO, après 17 ans de règne du Sénégalais Jacques Diouf. José Graziano a promis de travailler avec les différentes parties impliquées afin d’arriver à un consensus. «Il y a des divergences profondes entre les pays, je les connais toutes. Il ne s’agit pas de les nier, mais ce qu’il faut commencer par faire, c’est de parvenir à un accord minimum pour ne pas paralyser l’organisation», a-t-il dit. «J’ai des attentes concernant une meilleure gouvernance du monde», a-t-il ajouté, faisant allusion aux décisions prises par le G20 des ministres de l’Agriculture, jeudi à Paris, qui a appelé les différentes organisations internationales à assumer de nouvelles responsabilités. Le Brésilien a évité de dresser le bilan de la gestion controversée de son prédécesseur. «Je ne vais pas commenter la gestion de Diouf», a-t-il dit.

Volatilité des prix et déséquilibre des marchés

Le nouveau directeur général, qui assumera ses fonctions à partir du 1er janvier 2012, a évoqué la volatilité des prix des denrées alimentaires et le déséquilibre des marchés. «Nous croyons que la volatilité des prix va se maintenir pour longtemps, ils vont rester hauts je ne sais pas combien de temps. C’est un déséquilibre qui est lié aux marchés financiers», a déclaré le directeur général élu, qui a été représentant régional de la FAO pour l’Amérique latine et sous-directeur depuis 2006. José Graziano est revenu sur les critiques portées aux biocarburants - dont le Brésil est un grand producteur - en estimant qu’il ne fallait pas les «diaboliser». Citant une formule de l’ancien président Lula, il a estimé qu’»ils sont comme le cholestérol, il y en a un bon et un autre mauvais». «Pas seulement au Brésil, dans d’autres pays du monde aussi, il existe une production de biocarburants qui n’affecte pas la sécurité alimentaire», a-t-il estimé.

Une FAO unie et performante

José Graziani a insisté sur la nécessité que la FAO remplisse sa mission principale : «Je désire transmettre le message au personnel de la FAO que l’objectif est d’en finir avec la faim dans le monde, et non avec la faim dans leurs propres familles», a-t-il dit avec humour. «Quand je suis arrivé au Chili pour diriger le siège régional, j’ai fait faire une enquête sur la fonction de la FAO, ils m’ont donné des réponses très élaborées et sophistiquées, mais seulement 10 % ont dit que leur mission était de combattre la faim», a-t-il remarqué.Le monde compte encore 925 millions de personnes sous-alimentées. «La FAO se doit d’être en ordre de bataille, elle doit être la plus performante et la plus unie possible pour remplir» sa mission», a insisté de son côté le président indépendant du conseil de la FAO, le Français Luc Guyau.