La Nouvelle Tribune

Libye : Brouille au sein des coalisés, en route vers l’échec de la coalition

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Trois mois après le début des bombardements aériens de la coalition internationale en Libye, Mouammar Kadhafi est toujours là et les insurgés dans la désolation. Sur le terrain rien n’a évolué et par rapport à ce qui était prévu (à savoir que les opérations allaient durer  quelques jours), c’est un échec. Trois (3) mois mois sont passés, plus de 4 300 sorties aériennes, plus d’un milliard de dollars engloutis et rien n’a changé. La ligne de front est toujours la même. Les bombardements de L’OTAN n’ont pas permis de faire chuter le régime, il n’y a non plus eu de soulèvement populaire à Tripoli pour faire partir le colonel Mouammar Kadhafi comme le prédisait la coalition, c’est donc un échec total. Pire encore L’OTAN dont la mission officielle est de protéger les civils libyens, bombarde et tue des civils, ces dernières heures  elle a encore frappé une colonne de véhicules des forces rebelles et  bombardé un quartier d’habitation de Tripoli faisant 9 morts dont 5 membres d’une même famille. Devant  les erreurs répétées de l’OTAN et l’enlisement de la situation sur le terrain, les enthousiasmes de départ des pays coalisés commencent à céder place au désespoir, à telle enseigne que certains pays menacent de se retirer, la Norvège l’un des pays qui participent aux frappes aériennes en Libye à déjà programmé son retrait. Après la Norvège, ce sont les hauts responsables de l'ONU, de l'Union européenne, de la Ligue arabe, de l'Organisation de la conférence islamique qui ont appelé le 18 juin passé au Caire à un cessez-le-feu immédiat et à une solution négociée avec le guide libyen. Le 22 juin,  l’Italie qui constitue le QG des opérations de la coalition s’est jetée à l’eau en demandant officiellement l’arrêt immédiat des bombardements. Si l’Italie justifie sa demande par la dégradation de la situation humanitaire en Libye, pour beaucoup cette décision est le signe même d’un échec programmé de la coalition. Cette brouille au sein de la coalition est un signal fort qu’une victoire de la coalition sur Kadhafi est désormais compromise. C’est pourquoi il urge que la France et les autres pays reconnaissent l’imminence de l’échec de la coalition et  emboitent le pas à l’Italie pour décréter un cessez-le-feu immédiat pour limiter les dégâts. Les coalisés éviteraient ainsi à la Libye une situation similaire à celle de l’Afghanistan ou de l’Irak.