La Nouvelle Tribune

DSK, si proche du but et la chute libre?

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ll est des moments comme ça où tout semble s’écrouler autour de vous, où votre vie semble subitement multipliée par zéro, où vous vous demandez s’il valait la peine de vivre pour se retrouver dans cette posture. Pour Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI, virtuel candidat à la présidentielle française de 2012, qui touchait pratiquement au but présidentiel d’après tous les récents sondages qui le donnaient invariablement gagnant, ce qui se passe actuellement ressemble à une chute libre en ascenseur. Inculpé aux Etats-Unis pour, entre autres, pour tentative de viol et séquestration sur une employée de l’hôtel de New-York où il passait avant d’aller prendre un vol à l’aéroport JFK, le vainqueur annoncé de la présidentielle, d’après les sondages, l’homme pourrait, quelle que soit l’issue que connaîtra cette histoire, avoir mis un terme à sa carrière politique. Si ceux qui disent connaître l’homme semblent unanimes pour dire que les faits à lui imputés ne lui ressemblent pas, quelques uns rappellent ses antécédents avec les femmes, un domaine où il apparaît quelque peu fragile, pour ne pas exclure totalement l’hypothèse que ces faits puissent s’avérer. En considérant les dernières campagnes médiatiques mettant en cause l’homme, d’autres encore n’hésitent pas à voir dans cette nouvelle affaire, une cabale, un complot. Mais seules les conclusions de l’enquête judiciaire permettront de situer définitivement les uns et les autres, même si l’annonce de l’oubli par DSK dans sa chambre d’hôtel, de quelques effets et surtout de son téléphone portable qui devrait être pour lui de première importance, incline à penser que l’homme à dû partir précipitamment. Pourquoi, le cas échéant ? Parce qu’il se reprocherait quelque chose ou parce qu’il allait rater son avion ? En attendant les conclusions judiciaires, l’interpellation de DSK a un enseignement essentiel : c’est que dans les grands pays de démocraties, la justice peut encore être la même pour tous quel que soit leur rang social et quelles que soient les conséquences que sa mise en branle peut avoir sur les intéressés. En l’espèce, il faut entendre les ténors du Parti socialiste français pour comprendre l’étendue de la faille que cette affaire crée dans leur mur. Le « coup de tonnerre » évoqué par la première secrétaire Martine Aubry en dit d’ailleurs long.

Sans préjuger de la suite des événements ni de la décision que rendrait la justice américaine, il faut se demander si elle interviendra à temps, en cas de non lieu ou d’acquittement, pour permettre à DSK de repartir, même s’il n’en a jamais encore, publiquement et officiellement en tout cas, fait une priorité, à l’assaut du fauteuil présidentiel. Si, par contre, il devait être reconnu coupable et condamné, il faudra alors sérieusement, me semble-t-il et au regard des antécédents qu’on évoque, malgré le fait qu’il aurait toujours bénéficié d’amour de ses proches selon son biographe, si sa réputation de séducteur, si ses affaires féminines passées, ne sont pas plutôt l’expression d’un manque, d’un complexe. A tout le moins, une culpabilité de DSK postulerait, si besoin en était encore, que tout peut basculer l’espace d’une seconde.

Il faudra ensuite se demander quelles seraient les conséquences au plan strictement personnel pour l’intéressé. Aura-t-il la force morale de surmonter tout ceci au cas où il serait reconnu coupable ? En tout cas, le cas échéant, il se serait proprement tiré une balle dans les pieds.