La Nouvelle Tribune

Côte d'ivoire: Gbagbo résiste, chaos à Abidjan

Espace membre

Abidjan -  Pendant que les forces fidèles à Alassane Ouattara envahissent progressivement la ville d'Abidjan, Les forces de son rival, Laurent Gbagbo tiennent le coup. Elles ont réussi jusque-là à protéger la présidence et la résidence de ce dernier malgré la détermination des FRCI.

Selon certaines sources, Guillaume Soro aurait lancé très tard ce soir une offensive sur les points encore tenus par le camp Gbagbo. Plusieurs tentatives de reprise de la chaîne RTI, détenue depuis quelques heures par le camp Ouattara se seraient soldés par des échecs. Charles Blé goudé a affirmé à une chaîne étrangère que Laurent Gbagbo serait prêt à discuter si il y avait un cessez-le-feu.

Danger pour les expatriés

A Abidjan, c'est la panique parmi les expatriés installés dans le pays. Des pillages de maisons, des agressions ont été signalés partout dans la ville. Hier une salariée de l'ONU a été tuée probablement atteinte par une balle perdue. Un camp de protection des civils étrangers a été dressé par les forces de l'ONUCI. Vendredi soir, le gouvernement américain a appelé la force licorne (française) et celles de l'ONUCI à protéger les civils contre les exactions et à empêcher les pillages des maisons et magasins.

Philippe Rémond, professeur depuis plus de 10 ans à l'institut polytechnique Houphouët-Boigny (INP HB) de Yamoussoukro, et connu comme étant un farouche admirateur et défenseur du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo a été assassiné ce jour dans un hôtel de la capitale du pays, par des inconnus.

Des rumeurs circulent...

Depuis l'offensive des forces du camp Ouattara, plusieurs rumeurs circulent dans le pays. Certaines affirmant que Charles Blé Goudé aurait demandé l'asile à l'Angola, qui serait embarrassée par les sanctions internationales contre sa personne. Quant à Laurent Gbagbo lui-même, on le dit tantôt dans sa résidence, tantôt à la présidence qu'il aurait rejoint par bateau depuis sa résidence.

Vendredi soir, l'armée républicaine du Libéria a arrêté à sa frontière, des milices libériens fuyant la Côte d'Ivoire. Le gouvernement libérien craint un regain de violence dans le pays, qui panse encore les plaies d'une longue guerre civile. Rappelons que Laurent Gbagbo a été accusé début janvier de recruter des milices libériennes pour soutenir l'armée.

Notons que l'ONUCI a affirmé que certaines milices, qu'elle a qualifiée d'indépendantes, opéraient dans l'ouest ivoirien, attaquant et pillant les civils.