La Nouvelle Tribune

Le Niger inaugure la septième République

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18 février 2010, un groupe d’officiers de l’armée nigérienne se constitue en un « Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie » et dépose le Président Mamadou TANDJA. La CEDEAO condamne de coup d’Etat cette opération, mais engage le dialogue avec les différents groupes en présence, en exhortant ces officiers en un retour rapide à l’ordre constitutionnel. En effet, le Niger vient de très loin, parce que la route de la Démocratie dans ce pays d’environ 16 millions d’habitants, répartis sur une superficie de 1.267.000 km²- c’est le deuxième grand pays de la CEDEAO- la route de la démocratie, écrivons-nous est caractérisée par des périodes d’instabilité et des moments de stabilité entrecoupés de coups d’état. Mais ces dernières, le soubassement de la crise politique est marqué par quelques dates, qu’il convient de retenir :

• 21 décembre 2008 : Prémisse d’une prolongation du mandat présidentiel de Mamadou TANDJA pour une durée de trois ans,

• 26 mai 2009 : le Président TANDJA dissout le Parlement et annonce des élections dans un délai de 90 jours,

• 29 juin 2009 : Mamadou TANDJA dissout le Cour Constitutionnelle,

• 4 août 2009 : Un référendum modifie la Constitution et crée la 6ème République tout en levant le verrou sur la limitation de la durée  du  mandat à cinq ans, renouvelable une fois. Puis le référendum constitutionnel accorde une prolongation de trois ans à Mamadou TANDJA.

• 20 octobre 2009, malgré l’appel de la CEDEAO, à reporter les élections législatives- boycottées par l’opposition-, celles-ci sot organisées.

Conséquences, le Niger est suspendu de la Communauté, malgré la multiplication des initiatives de bons offices à Niamey pour inviter le pouvoir en place au respect des principes démocratiques et de convergence constitutionnelle, définis par le Protocole de la CEDEAO.

Noun n’allons pas épiloguer sur les étapes et initiatives importantes qui ont marqué cette période de fortes crispations internes au Niger. Mentionnons la mission conjointe UA-CEDEAO de juillet 2009, la réunion extraordinaire du Conseil de Médiation et de Sécurité sur la situation au Niger, le Sommet Extraordinaire de la CEADEAO le 17 octobre 2009, la Mission de Haut niveau dirigée la Présidente du Liberia Ellen JOHNSON SIRLEAF le 18 octobre 2009, puis le Sommet de la CEDEAO à ABUJA le 16 février 2010 qui a maintenu ses sanctions à l’encontre du Niger.

Il apparaît nettement, que le Niger a toujours été au cœur des préoccupations de la Communauté. L’engagement de la CEDEAO dans ce pays, avant, pendant et après la crise, n’a jamais fait défaut. Aussi, le putsch du 18 février 2010, pouvait-il être perçu comme un évènement de « grande salubrité nationale » qui venait réconcilier tous les nigériens avec eux-mêmes ?

Aujourd’hui, le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD), a tenu ses engagements. La tenue, 13 mois après le coup d’état, des élections présidentielles et législatives, marque une étape cruciale de la restauration, de la légalité constitutionnelle au Niger.

Après le premier tour des élections couplées le 31 janvier 2011, deux challengers sont sortis des urnes sur la liste des dix candidats. C’est dans ce cadre que le samedi 12 mars 2011, Mahamadou ISSOUFOU, candidat du PNDS-TARAYYA affrontait pour ce second tour de l’élection présidentielle, Seyni OUMAROU candidat du MNSD- NASSARA.

Les résultats provisoires, tels que proclamés par la Commission Electorale Nationale Indépendante, donnant vainqueur avec environ 58% des suffrages, Mahamadou Issoufou, le candidat du PNDS-TARAYYA contre 42% environ pour Seyni OUMAROU du MNSD-NASSARA, la formation de l’ex-Président de la République, Mamado TANDJA.

Bons points donc pour le Général de Corps d’Armée Salou DJIBO et son équipe du CSRD, qui tout au long  de ce processus de restauration de la démocratie au Niger, ont tenu leur engagement en s’impliquant personnellement en faveur du retour o l’ordre constitutionnel et du respect strict du chronogramme de la transition.

A l’issue de ce second tour du samedi 12²mars 2011, la déclaration de la Mission d’Observation de la CEDEAO a été un satisfécit aux autorités du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie. Cette Mission, est dirigée par Monsieur Koffi SAMA, ancien Ministre du Togo, et rehaussée par la présence du Général Abdu Salami ABUBAKAR, ancien Président de la République Fédérale du Nigéria, Médiateur dans la crise nigérienne, et Envoyé spécial du Président en exercice de la CEDEAO, le Président Goodluck Ebele JONATHAN.

La Mission d’Observation de la CEDEAO a couvert pour ce second tour des élections, près de 1200 bureaux de vote sur les 20.900 répartis sur toute l’étendue du territoire nigérien.

Dans cette déclaration, la Mission d’Observation de la CEDEAO, félicite le Peuple nigérien pour l’aboutissement du processus électoral crédible et apaisé, condition nécessaire pour la restauration de l’ordre constitutionnel.

Le Président élu, Mahamadou ISSOUFOU, sera investi dans ses nouvelles fonctions le mercredi 6 avril 2011. Le Niger vient ainsi d’écrire une nouvelle page de son histoire. x