La Nouvelle Tribune

Otages Aqmi: le jeu de ping pong entre la France et le Niger

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L'on apprenait il ya quelques jours que Aqmi, la branche de l'organisation Al Qaïda au maghreb islamique venait de tuer deux otages, de nationalité française enlevés au Niger, plus précisément dans la capitale Niamey. Cette nouvelle qui a semé un vent de panique parmi les immigrés occidentaux dans la région sahélienne met à jour une contradiction dans les faits tels que relatés par les hauts responsables des deux Etats.

"Quatre corps de personnes décédées dont deux portaient l'uniforme de la gendarmerie nigérienne, ainsi que deux blessés qui portaient également cet uniforme" ont été remis par les forces françaises aux autorités nigériennes après l'assaut. Les personnes portant l'uniforme de la gendarmerie nigérienne n'avaient pas les mains entravées, portaient des armes" et "ont combattu, participé à l'action, contre nos forces, Il appartient aux Nigériens de donner des éléments de réponse sur ces personnes." a déclaré un porte parole du ministre français de la défense Alain Juppé.

Joint par une agence internationale, un haut responsable nigérien a déclaré: "Nous avons eu un véhicule militaire endommagé sur les lieux où l'armée française a donné l'assaut. Nos hommes qui sont morts sur place, sur le territoire malien, ont été victimes de tirs de militaires français", a t-il affirmé, assurant n'avoir "aucun doute" à ce sujet. Je ne dis pas que les militaires français ont fait exprès, mais les militaires (nigériens) dont les corps ont été ramenés par les Français à Niamey, sont morts de tirs français", a-t-il insisté, évoquant "trois" soldats nigériens tués. "Nous ne voulons pas de polémique, mais nous voulons, comme tout le monde, que lumière soit faite totalement sur ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.

Deux versions donc qui se contredisent et ne fixent pas les familles éplorées que ce soit du côté nigérien, ou du côté français. Toujours est-il qu'il est bizarre que la partie française fasse de telles déclarations sans s'accorder avec les officiels nigériens. S'agit-il d'un simple oubli, ou considère t-elle que l'avis de ces derniers ne compte pas? Insinuer que des éléments des forces publiques nigériennes soient impliquées dans des prises d'otages sans en parler à qui de droit de prime abord n'est ni plus ni moins qu'une gaffe. Si la partie nigérienne avait été tenue au courant alors pourquoi n'a t-elle pas rejeté ces allégations pendant les échanges avec les officiels français? Pourquoi n'avoir rien dit en ce moment? Toujours est-il que la partie nigérienne n'est pas prête à se laisser faire et entend tout faire pour réhabiliter ses officiers morts selon eux dans l'exercice de leur fonction, dossier à suivre...