La Nouvelle Tribune

2010, année de la nouvelle croissance africaine

Espace membre

Des cabinets de conseil comme Goldman Sachs, aux institutions internationales comme le Fonds monétaire international, ou la Banque mondiale : tous les experts s’accordent pour souligner la bonne santé économique du continent africain. Terminée la récession! Le FMI prévoit pour l’Afrique pas moins de 5% de croissance en 2010 et 5,5% en 2011. Si l’Afrique australe se relève plus lentement de la crise  -4% de croissance- l’Afrique de l’Est avec 6% et l’Afrique du Nord et de l’Ouest avec 5% affichent une croissance supérieure à de nombreux pays occidentaux.

Cette bonne santé est due à une demande interne importante, aux productions minières et pétrolières en hausse et à la reprise économique dans un certain nombre de pays. Au-delà des secteurs traditionnels comme les mines et le pétrole, d’autres comme la distribution et les services financiers attirent aussi de plus en plus les investisseurs étrangers.

 

Afrique du Sud, Nigeria, et Kenya, les trois grandes économies du continent tirent leur épingle du jeu. En Afrique du Sud, si la croissance a accusé un net ralentissement à la suite de l’effondrement des échanges mondiaux, la première économie de la région a regagné de l’élan à mesure que la reprise mondiale s’est remise en marche.

Les Brics, avec un S

A tel point que la Chine a invité l’Afrique du Sud à rejoindre le groupe des grands pays émergents, les BRIC, Brésil, Russie, Inde, Chine. Désormais, il s’agira donc des BRICS, avec un S, pour South Africa. Lors du dernier G20, en novembre dernier, à Séoul, le gouvernement sud-africain avait demandé à être admis dans ce club qui monte. Ces cinq pays émergents devraient représenter 61% de la croissance mondiale d’ici 2014. 

Les champions pétroliers s’en sortent bien également. Et parmi eux, on retrouve bien sûr le Congo-Brazzaville qui a enregistré 10% de croissance en 2010. Cette bonne croissance résulte de la hausse de 25% de la production congolaise de brut qui a atteint 300 000 barils par jour. Vient ensuite le Nigeria avec 7,4% de taux de croissance. Le 8ème exportateur mondial de brut a décidé de créer avec ses revenus pétroliers un fonds souverain destiné à la construction d’infrastructures dans le pays.

Reconstruction du Rwanda

Le Ghana a aussi fait son entrée, cette année, dans le club des pays producteurs de pétrole. Le président ghanéen a inauguré, durant ce mois de décembre 2010, l’exploitation du premier gisement de pétrole du pays. Il s’agit d’un gisement off-shore, dans le golfe de Guinée, dont le potentiel est estimé à 1 800 000  barils. Selon les premières estimations, les finances ghanéennes pourraient bénéficier d’un apport supplémentaire d’environ 1 milliard de dollars par an. Ce pays à l’économie bien gérée devrait être mieux armé que d’autres pays africains pour exploiter correctement cette nouvelle manne pétrolière.

En Afrique de l’Est, la principale économie de la région, le Kenya est lui aussi bien reparti avec un taux de 4,5% pour l’année 2010. Entre 2007 et 2008, le pays a encaissé une sécheresse qui a touché le secteur agricole et plongé la population dans la famine. Dans cette partie du continent, un autre pays a vu son activité économique prendre de l’ampleur, c’est le Rwanda. Grâce à la politique de construction et d’infrastructures, le BTP est un secteur en plein expansion. Le secteur des technologies d’information est, lui aussi, en plein développement avec le déploiement sur le territoire rwandais de l’Internet via la fibre optique.

L’Afrique semble donc bien placée sur le chemin de la croissance. Mais les défis sont encore nombreux. Le manque d’infrastructures de transport et d’énergie constitue toujours un obstacle majeur au développement. La pauvreté a encore progressé sur le continent, 390 millions de personnes vivent toujours dans la pauvreté extrême en Afrique sub-saharienne.