La Nouvelle Tribune

Cargaison illégale d'armes saisie au Nigeria

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Une cargaison illégale d'armes comprenant des roquettes d'artillerie comme celles utilisées par les insurgés en Afghanistan a été interceptée dans le plus important port de marchandises du Nigeria, ont annoncé les autorités du pays. Des responsables ont montré à des journalistes, mercredi, les roquettes de 107 mm, les balles et les autres armes saisies au port d'Apapa. Les autorités ont affirmé que la cargaison comprenait aussi des grenades , des explosifs, des mortiers et possiblement des lance-roquettes, mais ces armes n'ont pas été présentées aux journalistes.

Le conseiller à la sécurité nationale du Nigeria, Andrew Owoye Azazi, a refusé d'identifier le navire qui transportait ces armes et de dire à qui elles étaient destinées. Il a affirmé que les armes seraient détruites par le gouvernement fédéral.

«Nous ne voulons tirer aucune conclusion sur le type de menace qu'elles suggèrent, leur destination et leur provenance», a dit M. Aziz aux journalistes. «Ne sautons pas aux conclusions.»

Les autorités affirment que les armes faisaient partie d'une cargaison identifiant la marchandise comme des matériaux de construction. Quand les responsables ont ouvert les conteneurs, ils ont dû retirer une matière isolante et du plastique pour atteindre les caisses individuelles qui contenaient les armes.

Les roquettes d'artillerie 107 mm sont fabriquées en Chine, en Iran, en Russie et aux États-Unis. Les munitions vues dans le port portaient des inscriptions en anglais, mais aucune indication sur leur fabricant.

Entre les mains de militaires bien entraînés, ces roquettes peuvent atteindre avec précision des cibles situées à une distance allant jusqu'à 8,5 kilomètres et tuer toute personne située dans un rayon de 12 mètres.

Les insurgés en Afghanistan et en Irak ont utilisé des roquettes similaires contre les troupes américaines. Ces roquettes peuvent servir à attaquer des oléoducs, des raffineries ou des enceintes résidentielles occupés par les employés étrangers des sociétés pétrolières dans le delta du Niger, dans le sud du pays. Elles pourraient aussi être utilisées contre des casernes militaires et d'autres cibles.

Les militants du delta du Niger, irrités par la pauvreté de la région après 50 ans de production pétrolière, mènent des attaques contre les troupes gouvernementales et des cibles liées aux sociétés pétrolières depuis 2006. Un récent accord d'amnistie a apporté une paix relative dans la région.

La saisie de ces armes est une nouvelle troublante dans le pays le plus peuplé d'Afrique, moins d'un mois après un double attentat à la voiture piégée qui a fait 12 morts lors des célébrations de l'indépendance du pays dans la capitale, Abuja.

La cargaison soulève aussi des questions quant à la possible implication de l'ancien militant et présumé trafiquant d'armes Henri Okah, accusé de terrorisme en Afrique du Sud. Les autorités affirment qu'il était le cerveau de l'attentat du 1er octobre et qu'il a servi de porte-parole de facto du Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), le groupe militant de la région pétrolière. Le MEND a revendiqué la responsabilité de l'attentat.

Okah a nié les accusations et a affirmé qu'il n'avait pas signé les communiqués du MEND du nom de Jomo Gbomo.