La Nouvelle Tribune

Fin de campagne référendaire sans tambours ni trompettes au Niger

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Sans tambours, ni trompettes encore moins de grands meetings ou harangues interminables, la campagne pour le referendum constitutionnel du 31 octobre prochain au Niger, a pris fin vendredi à minuit, dans un climat tendu, qui a provoqué la mobilisation subite au plus haut sommet de l’Etat pour appeler les citoyens à se rendre massivement aux urnes en vue d’adopter ce nouveau projet de constitution avec une « écrasante majorité ». Ouverte le 16 octobre dernier, cette campagne s’est déroulée presque dans une indifférence totale, hormis de redondants messages des partis politiques lancés dans les médias officiels et appelant tous à voter « oui » pour la nouvelle constitution.

Des syndicats, Ong et associations ont également emboité le pas à la soixante de partis politiques, pour inviter leurs militants à aller massivement aux urnes ce dimanche pour doter le pays d’une nouvelle loi fondamentale, premier pas vers la restauration de la démocratie, après le putsch du 18 février dernier.

L’entêtement de l’ex-président Mamadou Tandja, qui a adopté dans la controverse une nouvelle Constitution en aout 2009, a provoqué l’irruption – pour la troisième depuis l’entame du processus démocratique en 1993- de l’armée sur la scène politique.

Pas donc de soucis pour la réussite à cet examen populaire du projet de constitution. Même les partis alliés au président déchu ont appelé à un vote positif.

A l’évidence, le taux de participation demeure le principal enjeu de ce scrutin référendaire, dont le parcours « sans faute » a été subitement entaché par un appel au boycott lancé cette semaine par des organisations islamiques, qui reprochent au nouveau texte constitutionnel son caractère laïc.

Dans une sorte de « baroud d’honneur », très vite étouffé par les institutions étatiques, ces organisations musulmanes, s’insurgent contre un texte dont le « péché » est de reprendre les mêmes dispositions que les précédentes constitutions, qui professent la laïcité de l’Etat nigérien.

A en croire des observateurs, cette « menace » des associations islamiques souvent tres influentes, est « un acte isolé, qui ne saurait influer sur le cours du vote, les partis maitrisant mieux qu’elles le terrain politique ».

De toutes les façons, dans les villes comme dans les villages , cette campagne référendaire, s’achève sans incident, restant cependant une des plus moroses, que le pays ait connues, puisque ne suscitant pas d’engouement apparent.

Les sièges des partis politiques n’ont pas connu d’intenses animations, comme à l’accoutumée.

Devant les leaders des partis politiques , le Président du Conseil consultatif national - parlement de transition- Marou Amadou, a fait appel à de nouvelles stratégies pour mobiliser les électeurs pour le référendum du 31 octobre.

« Nous déplorons qu’il n’y ait pas eu une forte mobilisation partout. Il n’ya pas encore de banderoles ni de gadgets relatifs à ce référendum », a-t-il regretté, faisant également de l’inquiétude du part du Chef de la junte militaire, le général Djibo Salou.

Le président du Conseil consultatif précise qu’il « est clair que si pour avoir un référendum qui sera voté à 30 pour cent comme traditionnellement, il aurait été préférable, comme certains l’ont demandé, que la Constitution soit promulguée immédiatement ».

L’avant-projet de Constitution soumis à referendum est de type semi-présidentiel, contrairement à la Constitution de la 6eme République, dissoute le 18 Février dernier, qui est de type présidentiel. Il consacre un mandat de cinq ans, renouvelable une fois, qui « ne peut être prolongé sous aucun prétexte », contrairement à la précédente constitution qui ne limite pas le mandat présidentiel.

Lorsqu’il ya coïncidence entre la majorité parlementaire et le Président de la République, celui-ci nomme un Premier Ministre de son choix dans les rangs de la majorité, mais lorsque le Président de la République ne dispose pas de majorité au parlement, il nomme un Premier Ministre sur une liste de trois personnalités que lui présentera la majorité parlementaire.

D’autres scrutins suivront notamment les élections locales en janvier 2011, l’élection présidentielle premier tour et les législatives le 31 Janvier 2011 puis l’élection présidentielle 2ème tour le 12 mars 2011, selon le chronogramme établi par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

La junte qui a pris le pouvoir au lendemain du putsch du 18 février a rendu inéligibles à toutes ces élections ses membres, ceux du gouvernement de Transition et ses démembrements.