La Nouvelle Tribune

Les inquiétudes du ‘Monsieur Afrique’ de l’Elysée sur la candidature de Wade en 2012

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Le conseiller pour l’Afrique de Nicolas Sarkozy ne voit pas d’un bon œil le projet de Me Wade de briguer un troisième mandat. Cité par site Internet du Républicain lorrain, André Parant dit voir mal le chef de l’Etat sénégalais solliciter un nouveau mandat de sept ans.

Le ‘Monsieur Afrique’ de l’Elysée n’est pas tout à fait optimiste quant à l’avenir du Sénégal. Selon André Parant, cité par le site Internet du Républicain lorrain, il existe dans ce pays ‘un risque certain d’instabilité’. Pour le conseiller de Nicolas Sarkozy, ‘il paraît évident que le président Wade ne pourra pas se représenter : il a 84 ans, voire même 85 ou 86. On le voit mal solliciter un nouveau mandat de sept ans !’. L’ancien ambassadeur de France au Sénégal croit déceler derrière la volonté de Me Wade de se représenter un projet de succession monarchique non avoué. Un projet qui ‘a pour projet de favoriser l’accession de son fils à sa succession’. Or, selon André Parant, Karim Wade ‘a une mauvaise image auprès de l’opinion’ dans un pays où ‘il y a une véritable vie démocratique’. Le conseiller pour l’Afrique de Nicolas Sarkozy de prophétiser : ‘La lutte pour la succession va être extrêmement vive et susciter des tensions. Tout ça risque de ne pas être très simple dans un contexte social extrêmement difficile’. Et de jouer les Cassandres : ‘Il y a un risque d’explosion sociale, et donc politique, extrêmement élevé. Les deux années à venir vont être cruciales pour le Sénégal’.

Ces propos tenus par un responsable de premier plan de la politique africaine de la France rappellent les télégrammes confidentiels de Jean-Christophe Ruffin de décembre 2008, repris par le Canard enchaîné. Dans un article intitulé ‘Le président du Sénégal sous perfusion élyséenne’, et dans lequel il demandait que l'aide financière de la France soit conditionnée, Ruffin avait expliqué les raisons pour lesquelles il déconseillait une aide française massive non assortie d’exigences très fermes et ‘l'ouverture d'un vrai dialogue avec l'opposition’ sénégalaise.

Le diplomate français ne s’était pas limité à poser des conditionnalités dans ses télégrammes confidentiels. Il avait fait le procès de l'action économique des autorités sénégalaises. ‘Aux mauvaises décisions économiques s'ajoute un mystère sur la destination des fonds’, selon l’ambassadeur. Qui ajoutait : ‘Venir en aide au Sénégal sans lui demander de réformer profondément son système politique, reviendrait à fournir à un toxicomane la dose qu'il demande, mais le conduit un peu plus sûrement vers sa fin’.

Même les voyages ainsi que les projets du chef de l'Etat n’avaient pas échappé à la critique. ‘Le président multiplie des voyages planétaires et lance des projets somptuaires telle que la statue géante construite actuellement par les Nord-Coréens, dans un inimitable style Kim-II-Sung, pour la somme de 14 milliards de francs Cfa’, écrivait le Canard.

{mosgoogle}Cette sortie peu diplomatique du pensionnaire de l’Académie française avait obligé les autorités sénégalaises à demander son rappel. Une information vite démentie par le Quai d’Orsay et le ministère sénégalais des Affaires étrangères. Qu’adviendra-t-il des commentaires peu amènes du ‘Monsieur Afrique’ de l’Elysée.

Ibrahima ANNE (walf.sn)