La Nouvelle Tribune

Après un an à la Maison blanche

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L’épopée Obama fait toujours rêver

Arrivé à la Maison Blanche dans une période où la crise économique avait atteint son paroxysme, on misait peu sur l’option Obama. En dépit de l’euphorie collective qui a embrasé presque tous les pays du monde, géostratèges, politologues avertis et économistes de haut vol sont restés très prudents sur les capacités de cet homme à engager et réussir les nombreuses reformes promises au peuple américain, surfant sur sa maigre expérience politique.

Quoi de plus normal lorsqu’on sait que le nouvel homme fort de Washington est encore trop jeune et n’a pas une grande expérience politique. Quadragénaire, sénateur de l’Illinois il y à peine quatre ans il passait aux yeux de maintes personnes comme le choix incongru qui offre plus d’inquiétudes et de surprises que d’assurances. En clair, son discours et son éloquence étaient pris comme les opérations de charme d’un candidat qui, en campagne, use de manèges et d’allégations utopistes pour séduire ses électeurs. Confronté aux dures réalités du pouvoir, il finira par se raviser et n’hésitera pas à avouer son incapacité à gérer ce pays dont l’économie était dans les gouffres. « Obama descend » avait ironisé un confrère de Jeune Afrique. Et pourquoi ne pas avoir de telles impressions ? La faillite proclamée de Wall Street avait fini par gripper toute l’économie du pays le plus puissant du monde, laissant des entreprises et des millions d’américains dans des dettes colossales. Seulement, il y a toujours une part de mystères dans tout ce qui est inconnu. C’était la seule opportunité qui permettait d’espérer. Le chorus « yes, we can » devenu aujourd’hui une incantation répandue a longtemps fait rêver et croire aux valeurs intrinsèques et aux capacités intellectuelles de ce brillant avocat. Qu’avait-il promis aux américains ? Le retour à la relance de l’activité économique et à la prospérité et la réconciliation de l’Amérique avec les autres régions du monde, surtout le Proche et le Moyen Orient où la politique américaine est très mal appréciée .Un an après, que reste-il de l’espoir suscité ? Certes, tout n’est pas rose dans le meilleur des mondes mais Obama a réussi sur les dossiers majeurs. Il s’est vite attaqué à la crise économique et grâce à ses options jugées «  trop communistes », il a sauvé le secteur automobile et relancé l’activité économique. Il travaille actuellement pour la reforme du secteur de la santé pour donner une assurance-santé à tous les américains. Sur le plan géostratégique, il a soigné l’image des Etats-Unis dans une bonne partie du monde.

{mosgoogle}Les discours d’Accra aux Africains et celui du Caire aux Arabes auront ainsi contribué à améliorer le capital d’estime de ces populations envers les Etats-Unis. Obama a même réussi à décrocher le prix Nobel de la paix devant d’autres personnalités de renom. Cette image est un peu édulcorée par l’option de guerre soutenue par Obama pour enrayer la menace terroriste dans certains pays comme l’Afghanistan et le Pakistan. Mais la trame du pacifiste réformateur soucieux d’un nouvel ordre mondial plus équilibré persiste et continue de faire rêver des milliers de fans à travers le monde.

Marcel Zoumènou