La Nouvelle Tribune

L'étau se resserre autour de Dadis

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La C.E.D.E.A.O impose un embargo sur les armes à la Guinée
Alors qu'il cherche en vain à se trouver des alliés potentiels, l'étau semble se resserrer contre le chef de la junte guinéenne. Moussa Dadis Camara pensait avoir l'aval de ses pairs de la sous-région. 

Rien n'y fit, lors de sa dernière session la C.E.D.E.A.O a imposé un embargo sur les armes à la Guinée.
"En regard des atrocités qui ont été commises et des mesures prises par les autorités du CNDD (le gouvernement guinéen) pour se procurer de nouvelles armes, les autorités ont décidé d'imposer un embargo sur les armes à la Guinée", a expliqué Mohammed Ibn Chambas, qui préside la commission économique de la CEDEAO, ajoutant que le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, servirait de médiateur.

La communauté internationale quant à elle va plus loin en demandant l’établissement d’une commission d’enquête sur la tuerie de septembre dernier et évaluerait la possibilité d’envoi d’une force d’interposition en Guinée. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une vaste opération de communication au sommet de l'Etat. Le chef de la junte multiplie les interviews sur les chaines internationales. Il essaie de se légitimer tant bien que mal, allant jusqu’à déclarer que les civils ne pourront pas gérer le pouvoir, parce que l’armée serait incontrôlable. Voici une des plus récentes interviews accordée à la chaîne France 24 :

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La France exhorte ses ressortissants à quitter la guinée

La France n’a pas attendu les résultats des commissions d’enquête pour demander à ses ressortissants de quitter le pays. Et déjà en fin de semaine, on a pu constater le retour de certains français à Paris. Les témoignages de ceux-ci sont unanimes : l’armée serait devenue incontrôlable, les pillages et les agressions sont devenus légion. Les ressortissants étrangers seraient de plus en plus visés, et ce depuis les pressions de la communauté internationale.

Des soutiens mal placés

Des voix s’élèveraient en Afrique pour soit disant « lutter contre la politique occidentale en Afrique » ,  occident qui s’attaquerait injustement à Dadis. Parmi ses voix, le non moins célèbre Tiken Jah Fakoly qui solliciterait la non intervention des forces de l’ Onu. Comme le rapporte le site internet Koaci.
Le problème n’est cependant plus à ce genre de débat.  Il ne s’agit plus de la politique occidentale en Afrique, mais de la sauvegarde de l’intégrité et de la paix en Guinée. Le président (comme il aime à se faire appeler) Dadis Camara, n’est plus capable d’assurer une présidence démocratique.
Certes l’intervention des forces internationales ne serait peut-être pas totalement bénéfique, pour preuve le soutien de l’armée à la junte guinéenne pourrait basculer le pays dans une guerre civile sans fin et remettre en cause la stabilité de la sous-région.  Mais il ne faudrait pas basculer dans l’éternel débat de la politique occidentale, vu l’urgence de la situation.

{mosgoogle}Le risque

Le plus gros risque est celui de la guerre civile. Mais laisser le capitaine président à son poste serait aussi une erreur stratégique. Celui-ci serait bien évidemment tenté de faire comme ses prédécesseurs , se maintenir au pouvoir éternellement, du moins jusqu’à sa mort…
La réaction de  la communauté africaine et internationale devrait donc être bien murie, pour éviter à ce pays, le même sort que certains pays du continent.
C’est cela même l’urgence.

Michael C.