La Nouvelle Tribune

Heurts à Conakry

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Première manifestation anti-Dadis

Plusieurs personnes notamment des jeunes sont sorties tôt ce matin de jeudi 27 août aux environs de 7h, dans les rues de Hamdallaye quartier situé dans la commune de Ratoma à Conakry. Ces  jeunes manifestants réclament  le départ du capitaine président Moussa Dadis Camara au pouvoir depuis décembre 2008, avec des slogans hostiles à la junte  et au président du CNDD. Sur les pancartes et banderoles que détenaient les jeunes, on pouvait lire entre autres ‘’A Bas le C NDD’’, ‘’Dadis doit quitter (DDQ) à bas le pouvoir des  militaires. ‘’ 

Ce slogan est même marqué en rouge sur les murs des magasins au bord de la route. Les forces de l’ordre sont intervenues massivement pour disperser les émeutiers.  Pendant ces heures, la circulation a été perturbée par endroits. Les manifestants se servaient des cailloux et des pneus usés pour bloquer le passage.

 Le mouvement s’est prolongé jusqu’à Bambéto où la police anti-émeute a aussi débarquée pour disperser des jeunes en courroux.  Beaucoup de personnes ont été interpellées. Selon un témoin qui a préféré garder l’anonymat, même des passants et autres jeunes gens qui se trouvaient sur les lieux au moment des faits, ont été arrêtés par la police puis relâchés.

Un autre citoyen trouvé sur place a affirmé : « Dadis doit respecter son engagement ; celui d’organiser des élections libres et crédibles sans pour autant  y participer  encore moins un membre du CNDD ou du gouvernement de transition ». Et de poursuivre «  Si  Davis décide de se porter candidat aux élections, nous les jeunes ne tarderons pas d’une façon ou d’une autre à exprimer notre mécontentement…. ».

 Un autre témoin nous confie que 4 jeunes ont été arrêtés, après intervention des habitants du quartier ils ont tous été corrigés à coup de matraque par les gendarmes avant d’être relâchés. Interrogés, les  agents de la police anti-émeute ont refusé catégoriquement de réagir par rapport à l’allégation selon laquelle ils sont entrain d’arrêter des civils innocents. Pas assez de commentaires.

Le calme est revenu  vers 11 h. Pour l’instant aucun incident majeur n’a été enregistré. Au moment où nous mettions ces informations en ligne, des gendarmes et policiers restent toujours embusqués dans les coins  à la recherche d’éventuels manifestants.

A noter  que la semaine dernière, le chef de la junte sous invitation de certains jeunes de l’axe Hamdallaye –Bambéto-Cosa avait été bien reçu à Kaporo-rail.

{mosgoogle}Pour nombreux observateurs,  cet axe reconnu pour sa fronde et pour son hostilité au régime de Conté avait signé un pacte de paix et d’alliance avec le président du CNDD. Mais cette manif du 27 août prouve à suffisance le contraire.  C’est encore du fil à retordre pour la junte qui fait face à l’heure aux mécontents de tous genres, malgré des mouvements de soutien téléguidés qui fusent de partout pour demander au Capitaine de se présenter aux élections en 2010. Si pour l’instant  on ne sait pas qui est derrière ce mouvement de jeunes, il faut absolument craindre le spectre de janvier-février 2007.  

La semaine dernière, lors de sa deuxième conférence de presse, le Capitaine Dadis avait accusé les forces vives de pousser les jeunes à la rue. « Ils demandent aux jeunes de sortir alors que leurs enfants sont dans le luxe. Désormais, s’ils vous demandent de manifester, dites-leur de prendre le devant avec leurs enfants », avait-il suggéré. Le divorce entre la junte et les Forces Vives est déjà consommé. C’est désormais le bras de fer si la classe politique refuse la probable candidature du Capitaine Dadis Camara aux élections de 2010 que des femmes veulent plébisciter encore ce 27 août au palais du peuple.
Aboubacar Mamadou Camara