La Nouvelle Tribune

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Le conflit se durcit
La Guadeloupe a connu une poussée de tension lundi, avec une multiplication de barrages routiers et de gardes à vue qui ont conduit Yves Jégo à appeler à la "trêve" et à promettre que l'Etat était en train d'étudier de "nouvelles baisses des charges" pour les entreprises en Guadeloupe. Nicolas Sarkozy, de son côté, a pris une initiative forte dans ce conflit d'un mois, en convoquant une réunion avec les élus d'Outre-mer, jeudi.
"Aujourd'hui en Guadeloupe, les entreprises ont déjà 280 millions d'exonérations de charges (...), nous ferons un plus" : le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, a annoncé lundi soir, à Paris, que l'Etat était en train d'étudier de "nouvelles baisses des charges" pour les entreprises en Guadeloupe.

L'Etat est en train de travailler à "un plan B" promet le secrétaire d'Etat. Objectif, selon lui ? "Solidifier l'économie et pour apporter aux entreprises fragiles, aux petites entreprises, des vraies réponses." Et de préciser : "Je veux que le rôle de l'Etat soit un investissement non pas pour payer des salaires, car çà ce n'est pas possible, (...) nous allons mettre des moyens pour conforter l'économie." Selon le ministère, ces "nouvelles mesures" représentent une enveloppe de 87,8 millions d'euros, auxquelles s'ajoutent 97,5 millions d'euros d'"autres mesures".

Pour autant, la partie semble également -désormais- se jouer du côté de l'Elysée : peu avant 20 heures, lundi soir, la présidence de la République a en effet annoncé que Nicolas Sarkozy va recevoir tous les élus des Antilles jeudi, à Paris. Objectif de la réunion, qui sera la première implication directe du chef de l'Etat depuis le début de la crise : "Faire un point sur la situation de ces territoires dans le contexte de la crise économique."
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Lundi, sur le terrain, en Guadeloupe, la tension est montée d'un cran. De nombreux barrages ont été dressés en début de journée, conduisant à l'interpellation d'une cinquantaine de grévistes et manifestants, libérés à la mi-journée. En fin de journée, plusieurs barrages spontanés avaient, de nouveau, été érigés par des manifestants et des grévistes, autour de Pointe-à-Pitre. L'un de ces barrages, situé au Gosier, une petite commmune touristique située à 5 km de de Pointe-à-Pitre, a été enflammé et des CRS, munis de boucliers sont intervenus et ont reçu des jets de pierres. Sur le pont de La Boucan à Sainte-Rose (Basse-Terre) des groupes de jeunes caillassaient les forces de l'ordre.
(europe1)