La Nouvelle Tribune

Nigeria

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Un sirop frelaté tue au moins 84 enfants
Le médicament, un antidouleur utilisé pour les enfants qui souffrent des dents, était coupé avec de l'antigel. Douze personnes ont été arrêtées.


Après le scandale du lait frelaté en Chine, une nouvelle affaire sanitaire grave a éclaté cette semaine, cette fois au Nigeria. Douze personnes ont été arrêtées au Nigeria dans l'affaire du sirop antidouleur frelaté qui a tué au moins 84 enfants, a révélé mercredi l'agence nationale de contrôle pour l'alimentation et les médicaments (Nafdac). Un responsable du ministère nigérian a précisé que le produit responsable, un sirop au paracétamol appelé My Pikin (« mon enfant », en dialecte local) avait immédiatement été retiré à la vente. Ce médicament était notamment recommandé pour les enfants en train de faire leurs dents, pour soulager leurs gencives.

Le sirop frelaté

«Pour l'instant le bilan est de 84 morts. Mais en raison de l'illettrisme et du fait que beaucoup de personnes pratiquent l'automédication faute de pouvoir se payer les hôpitaux, il est à redouter que d'autres enfants soient morts dans des villages sans que les décès soient rapportés», explique Abubakar Jimoh, porte-parole de la Nafdac. Le bilan pourrait donc s'alourdir rapidement.

Les suspects encourent 15 ans de prison
Le sirop était coupé avec du diéthylène glycol, un produit chimique utilisé dans le liquide de frein et le liquide de refroidissement des moteurs. Les propriétaires de Barewa Pharmaceuticals, fabricant du produit, ont été arrêtés ainsi que ceux de la compagnie Tranxell, fournisseur des produits toxiques incorporés au sirop. Au cours d'une conférence de presse, le directeur général de la Nafdac Paul Orhii a précisé que les suspects encouraient une peine maximale de 15 ans de prison ou une amende de 500.000 naira (2.600 euros).
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Mais la Nafdac redoute aujourd'hui que Tranxell ait vendu des produits similaires à d'autres laboratoires : « Nous essayons actuellement de nous en assurer et par précaution nous avons recommandé à tous les parents d'éviter pour l'instant tous les sirops au paracétamol et de se rabattre sur des comprimés, le temps de mener l'enquête », précise Abubakar Jimoh.
(lefigaro)