La Nouvelle Tribune

A la découverte des artistes béninois

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Lionel Loueke est né en Afrique de l'ouest au Bénin.Il s'installe en Cote d'ivoire en 1990 pour étudier au National Institute of Art. Puis il reçoit une bourse pour étudier à Paris en France à l'American School of Modern Music de 1994 à 1998. En 1999, Lionel Loueke reçoit une bourse pour étudier à Berklee College of Music aux etats unis à Boston, il termine et reçoit le diplome un an après en 2000.



Lionel Loueke passe l'audition pour la Thelonious Monk Institute of Jazz à l'Université de Californie en 2001, et est selectioné par un jury comprenant Herbie Hancock, Terence Blanchard et Wayne Shorter. il restera 2 ans à la Thelonious Monk Institute.

En 2002, pendant qu'il est toujours à la Thelonious Monk Institute, il commence à jouer avec le trompetiste, Terence Blanchard. il enregistre 2 albums avec lui sur le label Blue Note.

Sur une mappemonde, de grands traits relieraient des points éloignés : Cotonou-Abidjan, Abidjan-Paris, Paris-Boston, Boston-L.A., L.A.-New York. Lionel Loueke a posé ses valises dans le New Jersey, à vingt minutes de Manhattan il y a quelques mois. Mais le musicien a des histoires à raconter qui jalonnent chacune de ces étapes. S’il part cet été accompagner Herbie Hancock sur une tournée mondiale célébrant le succès de l’album River : The Joni Letters, relecture jazz des chansons de Joni Mitchell sanctionnée récemment d’un Grammy Award, à laquelle le guitariste a participé, Lionel Loueke est surtout fier de son premier album en leader pour Blue Note. Le prestigieux label de jazz a en effet enrôlé le guitariste Béninois et permis à celui-ci de retrouver ses mentors en studio.
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Interview :Comment vivez-vous ces soutiens ?

Lionel Loueke : Je suis touché de recevoir les encouragements de ces artistes. Je passais des semaines à disséquer leurs disques quand j’étais adolescent.

Comment avez-vous débuté ?

LL : Au Bénin, à onze ans, je jouais des percussions. J’ai pris en main ma première guitare à dix-sept ans et découvert peu après Week-End In L.A., album virtuose de George Benson. J’essayais de reproduire les solos phrase par phrase, en ralentissant la lecture du disque pour comprendre ce qui se passait.

 

Vous avez démarré tard la guitare ?

LL : : Dix-sept ans, c’est tard, mais j’avais appris à écouter et cela m’a aidé au moment de travailler l’instrument. J’avais déjà emmagasiné pas mal d’informations.

En 1990, à dix-sept ans, vous partez étudier à Abidjan et son Institut National des Arts.

LL : C’était Le seul endroit en Afrique de l’Ouest où je pouvais étudier la théorie, les compositeurs classiques, Beethoven, Mozart.

Quatre ans plus tard, direction Paris et l’American School of Modern Music ?

LL : Je voulais poursuivre ma formation supplémentaire. Mais j’ai eu peu d’occasions de jouer et de gagner de l’expérience en live.

Pas de jam ?

LL : Un soir, je suis venu au Duc des Lombards : Philip Catherine jouait. Je lui ai demandé si je pouvais le rejoindre sur scène. À l’Africaine. Il m’a répondu gentiment : « On joue nos morceaux, mais pour le final, pourquoi pas ? » Après quelques minutes, j’ai compris qu’il valait mieux éviter. Je n’avais pas le niveau. Je suis allé le voir à la pause pour lui dire et suis reparti m’enfermer dans ma chambre bosser pendant des semaines.
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Puis vous filez à Boston au Berklee College ?

LL : J’ai décroché une bourse pour le Berklee College de Boston. Entre 1999 et 2000, j’ai suivi mon cursus là-bas. J’ai été marqué par l’ouverture d’esprit qui règne aux Etats-Unis : tout le monde peut jouer avec tout le monde. Pourtant, il n’est pas plus facile de gagner sa vie là-bas.

Nouveau rebond : vous remportez le Concours du Thelonious Monk Institute.

LL : Ils sélectionnent un musicien par instrument et les sept retenus deviennent pour deux ans la formation pilote. Parmi les juges il y avait : Wayne Shorter, Terence Blanchard, Herbie Hancock.

Qui tous vous ont ensuite enrôlé dans leurs groupes respectifs !

LL : Je crois qu’ils apprécient ma différence. Je suis retourné au Bénin en décembre dernier. Mes racines sont là-bas. La façon dont je détache les notes, mon phrasé rappellent celui des joueurs de Kora. La musicalité, la sonorité de mes solos viennent de là. Toutes ces choses qui expliquent l’identité musicale et que l’on apprend nulle part. Dans aucune école.
ROMAIN GROSMAN
Karibu (Blue Note/EMI)

 

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