La Nouvelle Tribune

Madagascar

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Bras de fer entre le maire d'Antananarivo et le président
Les locaux de la Radio nationale malgache (RNM), à Antananarivo, ont été saccagés et incendiés, lundi 26 janvier, par des partisans du maire de la capitale, Andry Rajoelina. Plusieurs milliers de partisans du maire d'Antananarivo, qui s'est érigé ces derniers jours en principal opposant au président malgache, Marc Ravalomanana, ont afflué dans la matinée de lundi depuis la place du 13-Mai, où le maire avait appelé à un rassemblement, pour rejoindre le Palais de justice.
 M. Rajoelina, surnommé "TGV" pour son caractère fonceur en affaires et en politique, entretient des rapports tendus avec le régime de M. Ravalomanana depuis son élection à la mairie, en décembre 2007. Ce bras de fer s'est fortement durci depuis la fermeture par le gouvernement, le 13 décembre 2008, de sa télévision privée Viva.

"LE PRÉSIDENT N'ÉCOUTE PLUS LA POPULATION"
Dimanche, plusieurs dizaines des proches du maire s'étaient déjà rassemblés aux abords de sa résidence, des studios, et des antennes de sa télévision et radio privées. La radio Viva avait également cessé d'émettre lundi matin. Samedi, le maire de la capitale avait appelé à la "grève générale", à compter de lundi, et à un rassemblement de l'opposition. Vendredi, M. Rajoelina a dénoncé "une dictature" dans la Grande-Ile où, selon lui, "le président n'écoute plus la population". Le maire dénonce en particulier l'absence de liberté d'expression et la "spoliation" des paysans dans le cadre d'un gigantesque projet agricole mené par le sud-coréen Daewoo.
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Ecourtant un voyage en Afrique du Sud où il devait assister à un sommet de la Communauté de développement d'Afrique australe sur le Zimbabwe, le président Ravalomanana est rentré dimanche soir à Antananarivo. Il a déclaré vouloir "rétablir l'ordre" et "sauvegarder la République" à Madagascar. "Je ne suis pas d'accord avec ceux qui ont manifesté ; Madagascar est un Etat de droit ; c'est de la désobéissance", a-t-il déclaré à son arrivée. Selon des militants proches du président, le premier ministre aurait annoncé à la foule, rassemblée à l'aéroport, son intention de faire procéder prochainement à l'arrestation de M. Rajoelina.
(Le monde)