La Nouvelle Tribune

Obama, 44ème président des États-Unis

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La nouvelle administration Obama
Barack Obama affiche la volonté de s'entourer des meilleurs. Son équipe, composée de nombreux poids lourds et de quelques nouveaux venus, est à l'image des Etats-Unis. Sur les 16 secrétaires d'Etat et 4 personnalités qui ont rang de membre du cabinet, les minorités sont largement représentées : quatre femmes, quatre Afro-Américains, deux Hispaniques, deux Américains d’origine asiatique.


L’équipe compte aussi deux républicains. Galerie de portraits des figures clés de la nouvelle administration, leurs atouts et leurs faiblesses.

 

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Comprendre l'investiture :
La Bible d'Abraham Lincoln, sur laquelle Barack Obama a décidé de prêter serment.1. Qu’est-ce qu’une inauguration ?
Ce que l’on appelle l’inauguration est  en fait l’investiture du nouveau président. La première a eu lieu à New York, le 30 avril 1789. George Washington a prêté serment du haut du balcon d’une maison. C’est la seule formalité requise par la Constitution.

Les deux prestations de serments suivantes ont eu lieu à Philadelphie, où était le siège du gouvernement, avant que la présidence s’installe à Washington en 1800. Les présidents ont prêté serment dans divers endroits du Capitole, à l’intérieur ou à l'extérieur du bâtiment. L’emplacement actuel, la façade ouest, a été choisi par Ronald Reagan.

La date du 20 janvier a été instaurée par le XXe amendement de la constitution en 1933, pour raccourcir la durée de la transition. À l’origine les présidents entraient en fonction le 4 mars, lorsque le temps s’améliorait suffisamment pour que l’on puisse circuler sans encombre sur des routes en terre.
Au fil des années, de multiples réjouissances se sont ajoutées à la partie formelle, jusqu’a devenir un grand rassemblement de foule  télévisé dans le monde entier.

Jusqu’a présent c’est l’investiture de Lyndon Johnson qui a attiré le plus de monde: 1,2 millions de personnes. On s’attend à ce que le record soit battu cette année, mais pour éviter les controverses, depuis 1996 la police de Washington ne communique plus les chiffres des grands rassemblements.


2. Quelle est l’origine du serment
Le texte figure dans l’article II de la Constitution, qui définit  les pouvoirs présidentiels :
"I do solemnly swear (or affirm) that I will faithfully execute the office of President of the United States, and will to the best of my ability, preserve, protect and defend the Constitution of the United States."
—Presidential oath of office, Article II, Section 1, United States Constitution

«Je jure (ou affirme) solennellement de remplir loyalement les fonctions de président des États-Unis et, aussi bien qu’il me sera possible, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis.»
Les pères fondateurs ont prévu une variante, «affirmer», pour respecter les convictions de certaines communautés religieuses, comme les quakers, qui interdisent de jurer.

George Washington a ajouté a la formule consacrée «so help me God», «avec l’aide de Dieu». La plupart des présidents font comme lui, mais cela n’est pas obligatoire. Un groupe d’athées californiens intentent un procès lors de chaque investiture pour faire supprimer cette phrase, il est régulièrement débouté.
Après la prestation de serment le nouveau président est pour la première fois salué par la musique Hail to the Chief (le salut au chef), tandis que retentissent 21 coups de canon.


3. Doit-on jurer sur la Bible ?
Absolument pas, il suffit de lever la main droite. Certains présidents comme Theodore Roosevelt n’ont utilisé aucun livre, John Quincy Adams a prêté serment sur un livre contenant le texte de la Constitution. Le premier président Bush a prêté serment sur deux bibles superposées, celle de George Washington et la Bible familiale. La bible de Washington était une Bible maçonnique. Barack Obama utilisera la Bible de Lincoln, que celui-ci avait emprunté à un juge de la Cour suprême.

Ces bibles historiques appartiennent à la bibliothèque du Congrès.
Les observateurs regardent si la Bible est fermée ou ouverte. Certains présidents l’ouvrent sur un verset symbolique.

La journée commence généralement par un service d’action de grâces dans la petite église qui est située prés de la Maison-Blanche et le président peut demander à un ou plusieurs ecclésiastiques de faire une prière, que l’on appelle une «invocation», pendant la cérémonie inaugurale. Ce sera le cas cette année, mais c’est à la discrétion du président. Le lendemain, un nouveau service religieux a lieu à la Cathédrale Nationale, qui est un lieu de culte interconfessionnel.


4. Qui reçoit le serment ?
L’usage veut que cela soit le chef de la Cour suprême, mais cela n’est pas une obligation, n’importe quel juge fédéral peut faire l’affaire !


5. Que fait ensuite le président ?
Il prononce son discours inaugural, qui indique la philosophie de son mandat. Il laisse quelquefois des  paroles historiques, comme Franklin Roosevelt : «La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même». Cette tradition a été instaurée, modestement, par George Washington, qui avait fait tenir sa déclaration en 135 mots. Aujourd’hui les présidents essaient de se limiter à une vingtaine de minutes pour ne pas casser le rythme des cérémonies. Le contraire peut être dangereux : en 1889 le président Harrison, un avocat connu pour son éloquence, a infligé un discours de 1 heure et 45 minutes à l’assistance. Bien qu’à l’époque l’inauguration ait lieu en mars, il neigeait. Le président a pris froid et 31 jours plus tard il est mort d’une pneumonie.


6. Quand et comment le vice-président prête-t-il serment ?
Il pourrait ne rien faire du tout, car la Constitution n’a rien prévu pour lui !
Depuis 1933 il prête serment juste après le président. Auparavant il le faisait au cours d’une cérémonie séparée, à l’intérieur du Sénat, dont il devient le président. Le texte qu’il récite n’est pas le même que celui du président, c’est le même que celui de tous les fonctionnaires assermentés. S’il succède  a un président mort ou démis de ses fonctions il doit prêter le serment présidentiel.


7. La parade
À la fin de la cérémonie, le nouveau président est invité à un déjeuner au Capitole par le comité chargé de superviser les cérémonies officielles. Il part ensuite vers la Maison Blanche, pour la deuxième partie des festivités, la parade.

Là encore, c’est une tradition dérivée de la prestation de serment de George Washington. Les soldats qui l’avaient accompagné à New York ont défilé en son honneur. Plus tard la tradition de raccompagner le président à sa résidence avec une garde d’honneur s’est maintenue. Au début, la foule était si modeste que le nouveau président l’invitait  à l’intérieur de la Maison Blanche. En 1829, lors de l’élection d’Andrew Jackson, cette coutume a tourné au chaos. La foule s’est ruée à l’intérieur de la Maison Blanche et a saccagé les lieux. Les domestiques ont transporté les rafraîchissements sur la pelouse pour attirer les vandales à l’extérieur, pendant que le président se refugiait dans un hôtel. Au milieu du XIXe siècle des chars et des orchestres ont commencé à se joindre à la parade. En 1881, pour l’inauguration du président Garfield, pour la première fois, une tribune a été construite en face de la Maison Blanche pour que le président et ses invités assistent confortablement à la parade. La plus longue a été celle de la première élection de Dwight Eisenhower.

Etre invité à défiler dans la parade est un honneur convoité par toutes les écoles du pays qui ont un "marching band", c'est-à-dire une fanfare. S’il fait trop froid la parade est annulée, comme cela a été le cas pour la deuxième prise de fonction de Ronald Reagan.

Jimmy Carter a été le premier président à descendre de voiture et à accomplir une partie du parcours entre le Capitole et la Maison Blanche à pied. Depuis tous les présidents le font, pour la plus grande peur des agents de sécurité qui les protègent.


8. Les bals
Le premier a eu  lieu en 1809, pour l’entrée en fonction de James Madison. Sauf en temps de guerre, la tradition s’est perpétuée. Aujourd’hui elle est devenue un véritable commerce. L’entrée est payante et sert à financer les festivités. C’est pour le président l’occasion de faire une brève visite à ceux qui l’ont soutenu généralement financièrement  pendant sa campagne. Les bals sont organisés par État, plusieurs se regroupant  dans une même salle. Les invités, en tenue de soirée, attendent pendant des heures, avant que le président et le vice-président viennent, au bras de leurs épouses respectives, faire un bref tour de danse sur une estrade.
Le nombre record de bals (14) a été atteint lors de la première inauguration de Bill Clinton.


9. Qui paie ?
Les fonds publics couvrent les frais de la cérémonie officielle et de la sécurité. Les bals et toutes les réjouissances annexes sont financés par des fonds privés. Il y a en majorité des gros donateurs, mais la campagne Obama a utilisé le réseau de courriers électroniques, constitué pendant sa campagne, pour solliciter des donations aussi modestes que 5 dollars.

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10. Que fait le président sortant ?
Après le service religieux du matin, le futur président se rend à la Maison Blanche où il est accueilli par le président sortant. Celui-ci passe ses derniers moments dans la résidence. Pendant la matinée, tous ses effets personnels sont emportés et tous les documents officiels sont mis sous scellés et confiés aux archives nationales. Les deux présidents partent pour le Capitole dans la même voiture. Le Sortant assiste à la cérémonie d'investiture de son successeur. Son mandat se termine au moment de la prestation de serment. Après la cérémonie officielle, la nouvelle famille présidentielle raccompagne celle qui s'en va de l'autre côté du Capitole où si le temps le permet, attent un hélicoptère. Il emmène l'ex-président et son entourage à la base d'Andrews, où il embarquera une dernière fois à bord de l'avion présidentiel Air Force One, pour rentrer chez lui.
(Rfi)