La Nouvelle Tribune

Attentat de Paris : Hollande sur les traces de Georges Bush

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Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, on a connu les boucheries de Bush. Depuis le 13 novembre dernier, où Paris a été touchée en plein cœur, les signes annonciateurs d’une contre-attaque à la Hollande s’amoncellent dans le ciel français. François Hollande, le président français, depuis cette nuit du vendredi noir, tient un discours guerrier.

« Un acte de guerre commis par une armée terroriste, Daesh, une armée djihadiste contre la France », a jugé le président français. La riposte alors est prompte. Déjà le 14, au lendemain des attaques qui ont officiellement fait 129 morts à Paris, l’armée française a largué 20 bombes sur Raqqa, le présumé QG de l’Etat islamique en Syrie. Et ce n’est que partie remise, la France s’attèle à déverser les armées européennes et leur alliée américaine –déjà présente au front-, sur non seulement la Syrie mais sur tous les autres champs où elle est engagée en Afrique. A ses pairs de l’Union européenne, Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la défense a dit : « La France ne peut plus tout faire, être à la fois dans le Sahel, en République Centrafricaine, au Liban… ». Il y a lieu que les forces françaises soient renforcées par les autres armées européennes. Le ministre français de la Défense ne le cache pas. Il invoque, à la suite du président Hollande, la « Clause de défense mutuelle » stipulée dans l’article 42.7 du traité de Lisbonne. Selon cette clause jamais appliquée, «au cas où un Etat serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres Etats membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir ».

L’Europe prête pour la guerre

Une guerre est ouvertement déclarée si on s’en tient aux déclarations du président Hollande parlant d’acte de guerre commis sur le territoire français. Pour cette guerre, l’Europe toute entière est prête à accompagner la France. Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne a déclaré que «c’est toute l’Europe qui a été attaquée » dans les attentats du 13 novembre, et qu’au sujet de l’appel de la France, « toute l’Europe répond oui ». De quoi donner raison au Pape François qui avait constaté qu’une troisième guerre saucissonnée est en cours.

L’Otan aussi ?

Parallèlement, la France pourrait aussi solliciter l’Otan pour la guerre même si l’Organisation de l’alliance transatlantique n’est pas encore officiellement sollicitée. A l’instar de l’Ue, l’Otan est aussi fondée sur un principe de défense mutuelle. L’article 5 de son traité constitutif dispose que « Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord, sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence, elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elle, dans l’exercice du droit de la légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations unies, assistera la partie ou les parties attaquées ». Cette disposition qui jusqu’à présent n’a été évoquée qu’une seule fois, par les Etats-Unis notamment après les attentats du 11 septembre pourrait l’être à nouveau, par la France. La non invocation de cette disposition est peut-être, pour l’instant, due au temps relativement plus long que son application prendrait à causes des séries de réunions que cela nécessite.