La Nouvelle Tribune

Nigeria

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Des blessés de jos
Grosses pertes dans les émeutes de Jos Cela n'a duré que trois jours, mais pour les résidents de Jos, chef-lieu de l'Etat de  Plateau situé dans le centre du Nigeria, il faut probablement  trois ans pour rattraper les pertes causées par les émeutes de la  semaine dernière.
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Pour certaines personnes, dont les propriétés ont été ruinées  au cours des émeutes, cela va durer toute la vie.  

Timothy Daggash, un propriétaire d'une boutique, les larmes  aux yeux, a fait savoir qu'il a subi des pertes évaluées à 500.000 nairas (environ 4.200 dollars américains) à cause des émeutes.

Titus Hamedu, un autre commerçant dont la maison a été brûlée, a vivement condamné les émeutiers qui rendent sa famille sans  abri.

La ville de Jos souffre depuis des années des crises  ethno-religieuses, dont la dernière remonte en 2004 où plusieurs  personnes ont été tuées dans le village de Yelwa Shendam, trois  ans après une crise qui a fait une centaine de morts et des dégâts matériels de plusieurs millions de nairas.

Les dernières émeutes ont éclaté le 28 novembre dernier, suite aux rumeurs selon lesquelles le candidat de l'opposition, le Parti de tous les peuples nigérians (ANPP), a échoué dans les élections  locales à cause des fraudes de la part du Parti démocratique du  peuple (PDP, au pouvoir).

Le président de la Commision électorale indépendante de l'Etat de Plateau, Gabriel Zi, a annoncé vendredi que le PDP a remporté  16 des 17 conseils locaux.

Depuis vendredi matin, des partisans du candidat de  l'opposition sont descendus dans la rue, avant de faire des  pillages et d'attaquer, tuer ceux n'appartenant pas au groupe  ethnique de Hausa-Fulani.

Selon le bilan publié par le gouvernement, les émeutes ont  fait plus de 200 tués et 10.000 déplacées. Par ailleurs, environ  500 personnes ont été arrêtées.

Selon Bitrus B. Kaze, un député de l'Assemblée nationale  représentant la circonscription du sud-est de Jos, les émeutiers  projettent de lancer de nouvelles attaques.

Malgré le retour du calme dans la ville de Jos, après que le  président nigérian Umaru Yar'Aadua eut donné l'ordre d'y envoyer  des troupes, des journalistes locaux ont estimé vendredi que la  crise n'a pas fini, parce que la haine inter-ethnique ou  inter-religieuse n'est pas encore déracinée.  

Le président de l'Association chrétienne du Nigeria dans  l'Etat de Plateau, Adamu Bala, a indiqué lors d'une rencontre avec des journalistes que la crise de Jos a causé une longue liste de  morts.

"Nous n'avons pas l'intention de la publier", a-t-il dit,  expliquant que cet acte risque de causer l'escalade de la  situation jusqu'à "incontrôlable".

Une commission judiciaire sera établie dans le cadre d'une  enquête sur l'origine de la crise, et les émeutiers devraient être traduits devant la justice, a ajouté M. Bala.

Le gouvernement fédéral nigérien a été exhorté d'ouvrir une  enquête sur le rôle joué par 16 hommes arrêtés, qui sont venus du  Niger et du Tchad pour prendre part aux violences.
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Dimeji Bankole, porte-parole de la Chambre des représentants,  a indiqué que l'Assemblée nationale lancera une enquête sur la  crise de Jos et que les coupables devraient être poursuivis par la justice.
(xinhuanet)