La Nouvelle Tribune

Niger/Mécontentement des forces sociales

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Nouhou Mohamadou Arzika
Opération «ville morte» ce jour à Niamey (Diverses manifestations de rue à l’intérieur du pays)


Niamey, la capitale de la République du Niger ne connaîtra aucune animation ce jour selon un mot d’ordre de « Ville morte » lancé par le Mouvement citoyen pour la Paix, la Démocratie et la République de M. Nouhou Mohamadou Arzika.
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« Ville morte à Niamey : citoyens et citoyennes de toutes les conditions sociales, mobilisons-nous pour faire aboutir nos revendications sociales ! » C’est ce jour que s’accompli à Niamey, la capitale de la République du Niger, ce mot d’ordre lancé par le Mouvement citoyen pour la Paix, la Démocratie et la République.  Son président, Nouhou Mohamadou Arzika que nous avons rencontré dimanche à Niamey ne craint guère une désolidarisation des forces vives de son pays. Et pour cause ! « Toutes les couches de la population sont directement concernées par cette lutte que nous menons depuis le mois d’avril dernier ». Ainsi, rassure-t-il, « personne ne travaillera mardi à Niamey sans distinction de secteur ». Car, renchérit-il, « tout le monde est mobilisé, des syndicats aux usagers, des marchés en passant par les conducteurs de taxi, les propriétaires de centres commerciaux… pour que cette opération qui n’est pas à son premier coup soit un succès ».

Que réclament les Nigériens ?
La principale revendication des forces sociales nigériennes porte sur un dépassement de plus de cinq milliards de francs du budget de l’Assemblée nationale exercice 2009. Ce budget a pris en compte selon le manifeste du mouvement « des mesures impopulaires, illicites et égoïstes élaborées et adoptées par l’Assemblée nationale pour s’octroyer des avantages indus, illégitimes et illégaux … » Il s’agit surtout d’une mesure relative à la prise en charge des députés dans le cadre de la préparation d’une retraite. Cette mesure a été dès son adoption déclarée contraire à la constitution par la Cour constitutionnelle. C’était à travers une décision qu’elle a rendue le 13 Juin 2008. Cette mesure est d’autant plus à combattre que, souligne M. Arzika, « le train de vie du Nigérien moyen s’est considérablement dégradé depuis ces deux dernières années ». La société civile nigérienne sous l’instigation de la coalition que dirige M. Arzika a gagné plusieurs combats citoyens par le passé. Elle a réussi notamment pour la première fois en 2006 à contraindre le gouvernement à revenir après sa mise en œuvre, sur la loi des finances de l’Etat. « C’était inédit en Afrique » commente un citoyen nigérien  qui dit être « prêt à combattre les présentes mesures introduites par les députés dans leur budget jusqu’à leur retrait ».

Ludovic D. Guédénon (Depuis Niamey)

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