La Nouvelle Tribune

Gabon : de l’électricité dans l’air

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Que se passera-t-il samedi à Libreville où l’opposition prévoit l’organisation d’une marche de protestation contre le gouvernement d’Ali Bongo Ondimba ? Dans un ton empreint de menace, la présidence, par la voix de son porte-parole Alain Claude Billié-By-Nzé, a mis en garde l’opposition gabonaise, notamment le front uni de l’opposition pour l’alternance contre les déconvenues qu’occasionnerait le géant meeting de samedi à Libreville, la capitale du pays.

Dans un message de dissuasion qu’il a délivré sur la chaîne de télévision nationale, le gouvernement a accusé les organisateurs de ce meeting de vouloir provoquer une insurrection populaire dans le but de déstabiliser le pays.

Prenant à témoin la communauté internationale, le gouvernement gabonais prévient que des instructions fermes ont été données pour empêcher tout ce qui constituerait un trouble à l’ordre public.

Depuis la publication des « Nouvelles affaires africaines » de Pierre Péan qui révèle que le président gabonais Ali Bongo Ondimba ne serait pas d’origine gabonaise mais plutôt biafraise du Nigéria, l’opposition a repris du poil de la bête dans l’organisation de manifestations de contestation populaire.

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Ces manifestations, selon le gouvernement, sont de nature à perturber le bon fonctionnement de l’administration, ralentir le processus de développement, mettre en péril la paix et la stabilité du pays. Et ceci, le gouvernement n’est pas prêt à le tolérer.

Média pas épargnés

La mise en garde du pouvoir concerne aussi les média du pays qui commettraient le crime de couvrir la manifestation de l’opposition. Les auteurs des manifestations ainsi que « les média qui en assurent le relais devront répondre devant les juridictions compétentes, car force reste à la loi » a lancé le porte-parole du gouvernement, Billié-By-Nzé, après avoir indiqué que ces « actes sont punis par la loi ».  Cette mise en garde serait-elle suffisante pour dissuader le front de l’opposition gabonaise auquel appartient Jean Ping, l’ancien protégé de Bongo père, visiblement décidé à en découdre avec le pouvoir Bongo ? Mercredi et Jeudi, la tension était déjà monté d’un cran avec des altercations violentes entre forces de l’ordre et étudiants à l’Université Omar Bongo, ayant été marquées par l’incendie de véhicules d’amphi.