La Nouvelle Tribune

Cpi : vers une victoire de Kenyatta sur Bensouda

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Bien loin de gagner la guerre juridique qui l’oppose au bureau de Mme Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale (Cpi), le président kényan, Uhuru Kenyatta peut bien se frotter les mains pour sa probable victoire partielle. 

Sauf cataclysme, les juges de la Cpi pourraient prononcer un non lieu dans le dossier des accusations de crimes contre l’humanité qui l’accablent devant cette juridiction internationale et amener l’accusation à retirer ses charges. Mercredi, estimant qu’il n’est plus possible d’ajourner une énième fois le procès contre le président kényan et que trop de temps se sont déjà écoulés pour ce seul dossier, les juges ont donné un dernier délai supplémentaire d’une semaine au bureau de la procureure Bensouda pour déposer de réels éléments qui prouvent l’implication de Kenyatta dans les crimes qui ont eu lieu dans son pays pendant la période qu’ont duré les violences postélectorales de 2007-2008 et dont le bilan tragique est de plus de mille morts sans compter les centaines de milliers de déplacés.

La chambre d’accusation attend donc d’avoir du bureau de Mme Bensouda les documents accablants qui prouvent la culpabilité du président Kenyatta devenu en octobre dernier le premier chef d’Etat en exercice à se présenter devant la Cpi, faute de quoi, indique-t-elle, l’accusation devra retirer les charges. Les arguments de Mme Bensouda accusant le gouvernement kényan de l’empêcher de rentrer en possession de certains documents importants comme des relevés téléphoniques, des extraits bancaires et autres, ne peuvent pas justifier selon les juges, un nouvel ajournement inadéquat à la justice et torpillant le droit de l’accusé.

Si le président Kenyatta réussissait à amener les juges de la Cpi à débouter Mme Bensouda, cela peut mettre en confiance son vice président, William Ruto également trainé devant la juridiction internationale pour les mêmes motifs. Mais cette victoire que Kenyatta est en passe de connaître, n’est pas définitive. Au cas où la procureure et son équipe réussirait ultérieurement à avoir les fameux éléments de preuve, un nouveau rebondissement de ce feuilleton juridique peut basculer en défaveur du président Kenya.