La Nouvelle Tribune

Burkina : Compaoré démissionne, l’armée s’installe, la rue maintient la pression

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Blaise Compaoré a fini par céder à la pression de la rue. Le  désormais ex-président de la République du Burkina Faso a annoncé sa démission cet vendredi après-midi. Débutée dans la journée d’hier, la manifestation anti-révision de l’article 37 de la constitution, devant permettre à Compaoré de rester au pouvoir encore 5 ans, s’est très vite transformée en insurrection populaire. 

L’opposition et la société civile soutenues par des manifestants déchainés et héroïques ont fini par faire tomber le baobab. « Au regard de la situation socio-politique fortement dégradée et caractérisée par la persistance de troubles à l’ordre public, de pillages de biens publics et privés, de menaces de division de notre armée nationale, et dans le souci de préserver les acquis démocratiques ainsi que la paix sociale dans notre pays, j’ai décidé de mettre en œuvre l’article 43 de la Constitution », a déclaré Blaise dans son message de démission. « Je déclare la vacance du pouvoir en vue de permettre la mise en place immédiate d’une transition devant aboutir à des élections libres et transparentes dans un délai maximal de 90 jours.» Après avoir pris cette décision, Blaise Compaoré s’est mis en route pour Pô. Une ville du Sud située à la frontière avec le Ghana.  

Ils préfèrent Lougué à Traoré

L’armée a automatiquement pris acte de cette démission. Et le chef d’Etat-major général des forces armées burkinabès, le général Honoré Traoré s’est autoproclamé chef d’Etat, avec l’engagement de gérer la transition. Mais selon Jeune Afrique, le choix d’Honoré Traoré ne rencontre pas l’approbation des manifestants. Regroupés devant l’état-major de l’armée, ceux-ci réclame plutôt le général Kouamé Lougué, pressenti depuis hier pour prendre la tête du pays en cas de vacance du pouvoir. Pour sa part, la France a salué la démission de Compaoré. Paris estime que  son acte « permet de trouver une issue à la crise ».