La Nouvelle Tribune

Pistorius : 10 ans de prison ou peine de substitution, la lutte continue

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Malgré le verdict  d’«homicide involontaire » que certains trouvent déjà trop clément, la défense du champion paralympique sud-africain, Oscars Pistorius, souhaite que la juge Thokozile Masipa soit favorable à une peine de substitution contrairement au procureur qui réclame une peine de réclusion de 10 ans à l’athlète qui a tué sa petite amie Steekamp.

Comme d’habitude, la défense et l’accusation se sont heurtées dans leurs plaidoiries aussi antagoniques que Jésus et Satan mais se fondant sur l’impact qu’aura la peine sur la société sud-africaine.  Une société où des disparités entre pauvres et riches sont très larges. Pour le procureur, Gerrie Nel, les 10 ans de prison qu’il requiert  serait le moindre qui contenterait les Sud-africains.  C’est également à l’en croire ce qui consacrerait l’importance que le tribunal taille à la vie humaine qui est universellement reconnue « sacrée ». Cette peine n’est pas envisageable pour l’avocat de la défense Barry Roux, selon qui, la peine la plus judicieuse est d’épargner la prison à son client qui a déjà trop souffert de traumatismes émotionnels pendant les 18 mois passés derrière les barreaux. Il faut propose-t-il, une peine substitutionnelle. Mais du côté des parents de la victime, aucune compensation ne sera la bienvenue.

Une position intransigeante qui faire dire au procureur qu’en considération de la douleur provoquée par l’acte criminel du champion paralympique, une peine autre que celle de la prison ferme sera désastreuse pour la famille et pour la société.

Guerre des émotions

Cette dernière ligne droite du procès qui tient en haleine le monde entier depuis des mois, a aussi offert en arrière plan, une guerre des émotions. D’abord c’est l’avocat de la défense qui a tenté par des descriptions saisissantes et l’évocation du handicap de son client,  d’inspirer la compassion du tribunal sur la tragédie qui frappe un champion très admiré qui passe désormais dans le cercle des criminels.  Ensuite c’est le procureur, qui fait appel  à la terrifiante situation des parents de la victime qui réclament justice.  Dans cette guerre qui l’emportera ? Pistorius ira-t-il en prison où sera-t-il libéré en échange d’une compensation ? Rien n’est sûr, mais toujours est-il que la deuxième possibilité  est bien envisageable si on s’en tient à des cas par le passé comme celui de la star de rugby, Rudi Visagie qui a également tué sa propre fille dans des conditions similaires et ayant été épargné de peine.