La Nouvelle Tribune

Décès de Miriam Makeba

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Miriam Makeba lors de son dernier concert, le 9 novembre 2008 à Naples AFP/CARLO HERMANN
La "Mama Africa" Miriam Makeba s'est éteinte

Voix légendaire du continent africain et devenue un des symboles de la lutte anti-apartheid, l'artiste sud-africaine Miriam Makeba, surnommée "Mama Africa" et décédée dans la nuit de dimanche à lundi près de Naples, en Italie, est née à Johannesburg le 4 mars 1932. Enfant d'une mère Swazi et d'un père Xhosa, elle attira l'attention internationale en tant que chanteuse du groupe sud-africain the Manhattan Brothers, lors d'une tournée aux États-Unis en 1959. L'année suivante, alors qu'elle voulait revenir dans son pays pour assister à l'enterrement de sa mère, l'État sud-africain la déchut de sa nationalité et condamna peu après sa musique.

À la suite de ce bannissement, elle vécut 31 ans en exil, aux États-Unis et en Guinée. Elle fut la première femme noire a se voir décerner un Grammy Award, qu'elle partagea avec le chanteur américain Harry Belafonte en 1965. Deux ans plus tard, elle connut les sommets de la gloire avec l'enregistrement de son tube indémodable Pata Pata, inspiré d'une danse dans un township. En 1985, elle connut un passage à vide lorsque sa fille, Bongi, mourut à l'âge de 36 ans et Miriam Makeba, qui n'avait pas d'argent pour payer son enterrement, l'enterra toute seule, empêchant les journalistes de couvrir l'événement.
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Dans les années 1990, elle revint dans son pays après la sortie de prison de Nelson Mandela, mais dut attendre six ans avant de pouvoir enregister un nouveau disque. Elle sortit alors le disque Homeland, qui contient une chanson décrivant sa joie d'être revenue dans son pays et dans lequel elle évoque l'apartheid. "J'ai conservé ma culture, j'ai conservé la musique de mes racines. Grâce à elle, je suis devenue cette voix et cette image de l'Afrique et de son peuple sans même en être consciente", a écrit la grande chanteuse africaine dans sa biographie.

Lepoint.fr