La Nouvelle Tribune

Ebola : MSF parle d’un échec mondial

Espace membre

L’inquiétude grandit au sujet de l’efficacité des mesures prises pour contrer l’épidémie d’Ebola qui a déjà tué plus de 1500 personnes en Afrique de l’Ouest et menace 20.000 autres selon l’Oms.  Sans Ambages, Jeanne Liu, la présidente de l’ONG Médecins sans frontières (Msf), a déclaré mardi, à la tribune de l’ONU,  que « Cela fait six mois que la plus terrible épidémie d'Ebola a éclaté, et le monde est en train de perdre la bataille pour la contenir ».

Mme Liu présente la situation comme une des plus catastrophiques de l’histoire des épidémies qui ont accablé le monde.  Elle indique « Des systèmes de santé entiers se sont effondrés. Les centres de traitement sont réduits à des lieux où les gens viennent mourir, dans la solitude ».  Et ce chaos, crie-t-elle, doit cesser. « C'est impossible de continuer comme ça, avec le grand nombre de gens infectés qui débarquent dans nos structures. En Sierra Leone, des corps infectés pourrissent dans la rue. Au lieu de construire des centres de soin pour Ebola au Liberia, nous sommes obligés de construire des crématoriums», a-t-elle dit.

Face au nombre sans cesse croissant de morts et de nouveaux cas d’infections enregistrés, les agents de santé renoncent à leur serment d’Hippocrate selon la présidente de l’ONG Médecins sans frontières (Msf) qui apprend : « En Afrique de l'Ouest, les cas et les décès continuent de croître au lieu de diminuer. Les centres d'isolement sont débordés. Le personnel de santé sur la ligne de front est lui-même infecté, et meurt dans une proportion choquante. D'autres s'enfuient parce qu'ils ont peur et ne soignent plus les patients même pour les maladies les plus communes ».

Le docteur David Nabarro, coordinateur de l’ONU pour Ebola a aussi parlé de la gravité de la situation. « « Le virus accélère, il va plus vite que nous. Il faut comprendre que c’est une guerre contre Ebola et dans une guerre, il y a plusieurs batailles. Certaines se soldent par des victoires, d’autres par des défaites » a-t-il confié au micro de Rfi avant d’ajouter «  En ce moment, la bataille est difficile. Mais on va gagner la guerre contre Ebola parce qu’on va renforcer toutes les équipes pour être plus fort pour gagner. »