La Nouvelle Tribune

Election présidentielle ce jour aux Etats-Unis

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Un séisme politique se prépare
A moins d’un miracle plutôt extraordinaire, Barack Obama, le candidat noir à la présidentielle américaine devrait pouvoir être élu haut la main 44ème président des Etats-Unis d’Amérique et briser enfin le cours de plus de deux cents ans d’histoire.

Barack Obama président des Etats-Unis.  Jamais le monde entier n’a fait autant l’unanimité sur un candidat à une élection présidentielle en Amérique. Quel que soit  le pays à travers les  cinq continents,  ce métis né d’un père africain, un Kenyan et d’une mère américaine bat tous les records de préférence.  Les derniers sondages réalisés sur le scrutin de ce jour le créditent d’un écart  confortable dans les  intentions de vote. Pour la presque totalité des médias, tant occidentaux  qu’africains, l’élection de ce jour a déjà rendu son verdict.  On ne comprendrait donc pas que tous les sondages ainsi réalisés, dont, pas un seul n’a donné gagnant le candidat républicain, John Mc Cain, viennent à être démentis par les urnes à l’issue du scrutin.
A mesure que le jour de l’élection approche, la campagne s’intensifiait dans le camp démocrate. Hier encore, des équipes de campagne se sont mobilisées et ont pris d’assaut les Etats dits incertains qui sont capables d’inverser la tendance, comme cela s’est déjà vu par le passé dans ce pays. Pour faire face à cette réalité, les militants démocrates se sont investis dans le porte à porte, exhortant les Américains à sortir de chez eux pour aller voter en faveur de leur candidat. Dès lors, des observateurs prédisent  que le record  atteint à l’élection de 2004, qui a vu 120 millions des citoyens américains se rendre aux urnes, pourra être battu ce jour. Cette fois-ci, on espère que le nombre des électeurs pourra  franchir la barre des 130 millions. La mobilisation autour d’Obama était devenue si forte que les médias, à leur corps défendant, finissent par jeter leur dévolu  beaucoup plus sur la campagne du jeune métis. L’élection de Barack Obama à la tête de la première puissance mondiale constituera donc un grand tournant dans l’évolution du monde. On pourra désormais se persuader davantage que d’autres changements  et d’autres révolutions pourront atteindre d’autres domaines que l’on croyait jusque-là immuables.
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Le virus du changement
Pour réussir à emporter les cœurs de ses concitoyens, Obama a  choisi comme thème de campagne le changement. Un mot qui depuis quelques années fait gagner beaucoup de candidats de part le monde. En Afrique, on peut citer, à titre d’exemple, les cas d’Abdoulaye Wade au Sénégal et de Boni Yayi au Bénin. Dans un cas comme dans l’autre, le vocable changement a réussi à emballer les peuples, assoiffés d’un lendemain meilleur. Mais les hommes élus sur la base de ce slogan sont-ils réellement parvenus  à combler les attentes de leurs peuples ? Au Bénin,  depuis bientôt un an, les réalités de la gestion du changement contraignent nombre de concitoyens à nourrir une certaine désillusion, celles-ci étant corroborées par une crise politique sans précédent qui agite l’opinion et affecte depuis lors la cote de popularité du régime du changement.
Il y a donc lieu de s’interroger sur ce que deviendra le monde et les Etats-Unis avec Barack Obama. Parviendra-t-il à combler les innombrables attentes qui sont placées en lui, tant dans son pays que de par le monde ? En effet, le prochain président américain doit être en mesure de redonner  à ses concitoyens, la dignité d’appartenir à une nation forte et respectée, tout en s’employant à réduire de façon sensible les nombreuses inégalités qui existent entre les différentes couches de la société américaine. Au plan international, il existe plusieurs foyers de tensions, l’Irak, le proche Orient, l’Afghanistan, sans oublier les nombreuses guerres civiles en Afrique, qui n’attendent qu’une partition plus réaliste de la puissance américaine pour connaître un début d’apaisement. La capacité de Barack Obama, à incarner un véritable changement, sera jugée à l’aune de la gestion que son administration fera de ses nombreux chantiers en ébullition.

Alain C. Assogba