La Nouvelle Tribune

OBAMA PRESIDENT !

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Que devons-nous en attendre?
Nous sommes à quelques heures d’un événement de grande portée historique qui à défaut d’inverser totalement le cours du monde, changera tout au moins positivement le regard des autres sur la race noire

: les Etats-Unis d’Amérique s’apprêtent à élire à la Maison Blanche un candidat métis d’origine africaine, Barack OBAMA !
 Malgré la prophétie de Martin Luther King, l’éventualité de l’élection d’un candidat de race noire pour présider aux destinées de la plus grande puissance du monde était restée un rêve pour le moment inaccessible. Quelques leaders afro-américains descendants d’esclaves dont Andrew YOUNG, Jessie JACKSON et autres Collins POWEL ont essayé de donner corps à ce rêve en incarnant chacun à un moment donné, la dimension d’homme d’Etat. Il était alors acquis pour tous  que le rêve ne se réaliserait qu’à travers un de ces dignes héritiers du Révérend ou de leurs descendants dont la légitimité procède de l’esclavage. Peu d’entre nous, ont par conséquent vu venir la fulgurante ascension de cet homme d’origine kenyane issu de l’immigration récente. La chose était donc vraiment possible ! Et elle ne tenait même à rien ! Décidément la marche de l’histoire des peuples a son secret et pour citer Aimé Césaire nous dirons : les peuples vont de leurs pas, de leurs pas secrets…

Contrairement aux apparences, l’élection d’un noir à la Maison Blanche tient beaucoup des œuvres des fondamentalistes Républicains. Ils ont rendu la chose possible grâce à leur doctrine néoconservatrice d’essence évangélique qui sous Georges BUSH,  a  conduit en moins d’une décennie, le monde dans une impasse à la fois politique, économique, financière et morale. La « contribution » du Parti Républicain au succès de Barack OBAMA s’est par ailleurs illustrée par le positionnement d’un candidat globalement médiocre qui dans le souci de rallier à la fois l’électorat féministe et les pentecôtistes choisit malheureusement comme colistière Sarah Palin dont les nombreuses casseroles et autres extravagances retinrent plus l’attention de la presse que sa remarquable inculture du monde.Le programme de Barack OBAMA fera le reste car l’Amérique  et le monde aspirent actuellement à un vrai changement.

OBAMA pour quel changement ?
L’Amérique attend du candidat  OBAMA qu’il apporte des solutions efficaces à la crise financière qui est annoncée pour s’inscrire dans la durée, qu’il réforme le système de santé de la première puissance qui refuse encore l’accès aux soins à une importante frange de sa population. Les américains ont l’espoir que le candidat métis d’origine africaine trouvera remède à la dépendance énergétique de la nation et surtout au chômage aggravé par huit années d’administration républicaine.
Le reste du monde quant à lui, a déjà plébiscité OBAMA et s’est convaincu que le futur président des Etats-Unis va œuvrer pour un monde plus équilibré avec une politique internationale modérée. La lutte contre le terrorisme cessera alors de servir de prétexte pour des guerres qui ont sévèrement détérioré l’image de l’Amérique et n’ont apporté que désolation et extrême tension dans d’importantes régions de la planète.
L’élection de OBAMA obéit à la marche de l’histoire car OBAMA est lui-même l’incarnation de l’Amérique de demain, cette Amérique dont la population de race blanche sera minoritaire d’ici 2050.
Très probables risques de désenchantement
Toutefois, OBAMA installé à la Maison Blanche, risque d’en décevoir plus d’un car l’Amérique qui a cristallisé tant  de haine dans le monde ne s’effacera pas du jour au lendemain. OBAMA ne pourra véritablement changer l’Amérique sans en renverser les fondements, sans en affaiblir l’édifice et induire un cataclysme qui l’emporterait lui-même et son administration.
Certes à l’intérieur, il fera des réformes économiques qui lui permettront d’en prendre aux plus riches pour financer quelque peu la couverture sanitaire et sociale des plus pauvres. Il légitimera le mariage gay et l’avortement mais il n’aura jamais les moyens de réduire de façon significative la fracture sociale béante qui caractérise la société américaine.
Sur le plan international, nous assisterons au retour d’une Amérique moins arrogante et à visage moins patibulaire que celui affiché par les cowboys de l’administration Bush. En conséquence, le retrait des troupes d’Irak sera plus une question de calendrier qu’un jeu de dilatoires. L’approche de la politique à mener en Afghanistan sera moins militarisée.  Le spectre de la guerre contre l’Iran ou la Syrie s’éloignera certainement et la tension politique baissera dans la région. Mais on imagine mal comme beaucoup en rêvent naïvement, une Amérique plus proche des Palestiniens que des Israéliens.
A certains leaders du monde jadis inscrits sur la fameuse liste noire de Georges BUSH, l’opportunité sera donnée de se racheter une autre conduite pour être à nouveau fréquentables mais les alliés traditionnels seront conservés. En somme, les fondamentaux de la politique américaine au Moyen Orient, en Amérique latine, en Europe et en Afrique resteront globalement intacts.
Aussi une Amérique sous administration de ce cousin de Nairobi, généreuse et pourvoyeuse  d’une aide massive aux pays pauvres serait-elle un leurre pour les pays africains abonnés à la politique de la mendicité. Néanmoins l’avènement d’un Noir aux commandes de la première puissance du monde reste d’une très grande portée historique en ce sens qu’il constitue une source intarissable d’espoir pour toute la race noire insuffisamment entrée dans l’Histoire comme certains ont osé l’affirmer sans doute à raison.  A l’unisson notre race devra reprendre en chœur le slogan de campagne de OBAMA ‘WE CAN CHANGE’ pour relever et la tête et le défi à nous lancé !

Jules C. AGBOTON

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