La Nouvelle Tribune

Révision de la constitution au Burkina Faso : l'opposition sort ses muscles

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Et bien rien n’est encore gagné d’avance pour le président burkinabè Blaise Compaoré et ses partisans qui veulent une modification de la constitution afin de lui permettre de se fossiliser au pouvoir.

L'opposition burkinabè a fait une démonstration de force ce samedi en remplissant les 35.000 places du stade du 4 août, pour crier haut et fort «non au référendum », ou encore «on est fatigué, le grand baobab doit tomber ».

Cette grande mobilisation, Zéphirin Diabré, figure de prou de l'opposition la qualifie  d’«historique » et de « pari réussi ».   C’est une lutte sans répit qui est engagée, à en croire Zéphirin Diabré qui exhorte la foule poursuivre jusqu'à la «victoire finale »,  le «combat de la mobilisation», dont le but est de convaincre Blaise Compaoré et ses fidèles d' "abandonner leur projet de référendum".

En tête de la foule, d’autres ténors de l’opposition, une trentaine de présidents de partis  dont Roch Marc Christian Kaboré, président du Mouvement du peuple pour le progrès (Mpp) et Bénéwendé Sankara, président du l'Union pour la renaissance/parti sankariste (Unir/Ps). L’objectif commun est de barrer la voie à Blaise Compaoré qui nourrirait l’ardent désir de s’éterniser après  24 ans à la tête du pays qu’il a prise en 1987 par un coup d’Etat contre son frère d’arme, le capitaine Thomas Sankara.

Blaise Compaoré (au terme de son deuxième quinquennat) et les siens veulent modifier l’article 37 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Dans cette grande foule, les jeunes de moins de 25 ans sont nombreux. Ces jeunes qui représentent 60% de la population n’ont pas connu un autre président à part Blaise Compaoré.

La masse des opposants au référendum est vraiment décidée à en découdre avec le camp d’en face. «Il n'y a plus que l'épreuve de force pour nous départager », a averti Bénéwendé Sankara.