La Nouvelle Tribune

Guinée-Bissau : le vote pour finir avec l’ère du putsch

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Deux ans après le dernier putsch en date du 12 avril 2012, les Bissau-guinéens ont retrouvé le chemin des urnes pour renouer avec la voie démocratique. Les bureaux ouverts depuis 07H00 Gmt, accueillent les électeurs qui votent pour choisir à la fois leur président et les députés qui siègeront au parlement bissau-guinéen.

Selon les données de la commission en charge de l’organisation de ces élections, 750.000 électeurs sont attendus dans les 3 044 bureaux de vote qui fermeront à 18h. 13 candidats sont en lice pour la présidentielle et 15 partis politiques se battent pour arracher des sièges à l’Assemblée nationale. Deux candidats partent favoris pour briguer la magistrature suprême du pays. José Mario Vaz, ancien ministre des Finances, candidat du plus vieux parti du pays, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) et Abel Incada du Parti pour le renouveau social (PRS) de l’ancien président Kumba Yala, décédé il y a quelques jours.

Vice-président de la Chambre de commerce, Abel Incada n’avait pas reçu le soutien du président Kumba Yala qui avait jeté son dévolu sur l’indépendant Nuno Nabiam, un ingénieur de l'aviation civile. Dans le rang des outsiders qui pourraient surprendre, se trouvent Domingos Quadé, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats ; Yaya Djalo du PND et le colonel à la retraite Afonso Té et Paulo Gomes, ancien directeur de la section Afrique subsaharienne à la Banque mondiale. Sur les 13 candidats, figure une femme de 42 ans, Hawa Sonko.

« Je viens de faire un geste simple, mais très important. Mon bulletin est comme une corde qui va aider à sortir mon pays du trou. La Guinée-Bisau souffre depuis 2012. » a déclaré cette mère de famille après son vote ce dimanche matin. Les scrutins portent l’espoir de tout un peuple désespéré par l’instabilité et les vagues de violences postélectorales. 550 observateurs internationaux surveillent ces élections sous la vigilance des soldats bissau-guinéens et ouest-africains qui assurent la sécurité. Les premiers résultats sont attendus pour vendredi et le second tour est prévu le 18 mai si aucun candidat ne l'emporte dès dimanche.