La Nouvelle Tribune

De la révision des constitutions africaines en général et du foutage de gueule du peuple en particulier

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Bouteflika est-il au courant qu'il est candidat aux futures élections présidentielles algériennes? Quand on le voit, figé comme une momie, les yeux hagards, la bouche entrouverte, il est facile d'admettre qu'il est dans une dimension plus "aérienne" de la réalité.

Certains de son entourage reconnaissent, sous anonymat, qu'il n'a même plus conscience de son appartenance à la race des vivants. Cet homme, bourré de médicaments, à qui on aurait pu éviter cette zombification, est juste maintenu là, comme un fossile qu'on vient dépoussiérer de temps en temps, afin que les cleptomanes qui tirent profit de sa présence au sommet de l'Etat, puissent continuer à piller consciencieusement les ressources du pays.

Le cas Bouteflika, pour pitoyable qu'il soit, n'est qu'un épisode du feuilleton tragico-ubuesque que les dirigeants africains font vivre depuis quelque temps à leurs peuples. En accédant au pouvoir, ils jurent, la main sur le cœur, qu'à la fin de leurs mandats, ils remettraient leurs écharpes à leurs successeurs, que personne, ni le peuple, ni même le diable, ne leur inspirerait l'envie de toucher à un poil de la Constitution. Mais dès qu'ils voient venir la fin de leurs contrats, l'angoisse de devoir laisser les choses, commence à les hanter. Tripatouillage de la constitution, financement des marches de soutien pour leur maintien au pouvoir, propagande médiatique grossière, terreur, assassinats d'opposants, tout y passe. Pour les y aider, des intellectuels qui n’ont de pensée qu’à l’intérieur de leurs ventres, et qui enchainent rhétorique sur rhétorique. Denis Sassou Nguésso, Blaise Compaoré, Joseph Kabila, Idriss Déby, Paul Biya sont actuellement, chacun dans son pays, les grands acteurs de cette série. Mais qu'on ne s'y trompe: pour géniaux qu’ils sont, ces messieurs n'ont pas inventé la poudre.

Car, bien avant eux, beaucoup de dirigeants africains avaient tenté ce qu'il faut bien appeler ce « foutage de gueule »! Souvenez-vous, Eyadéma, Gnassingbé de son nom – le pauvre convoquait même Dieu pour qu’Il soit témoin de sa forfaiture …Souvenez-vous de Mamadou Tandja qui avait carrément emballé la Constitution de son pays dans ses boubous ronflants…. Et que dire d’un Ibrahim Baré Maïnassara, non pas traficoteur d’une constitution, mais braqueur d’une élection qu’il a dit avoir remportées en jetant ses opposants en prison. Ça rappelle curieusement un certain K.O. au Bénin, K.O. qui a généré, depuis lors, un chaos. Mais cela est une autre histoire, disons un autre « foutage de gueule » !