La Nouvelle Tribune

30 ans après sa mort : Sékou Touré divise encore les Guinéens

Espace membre

26 mars 1984 - 26 mars 2014. Cela faisait 30 ans ce mercredi que Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante est décédé. Les Guinéens ont commémoré la disparition de leur premier président dans la division autour de la personnalité de l’homme.

Entre autres, on retient de lui une phrase lourde de sens qu’il a dite le 25 Août 1958 quand il affichait son opposition à la domination française devant le Général De Gaulle à Conakry. « Il n’y a pas de dignité sans liberté, nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage » disait-il.

30 ans après sa disparition, les Guinéens ne s’accordent pas sur le fait qu’il ait lui-même incarnée cette dignité qu’il clamait pour exiger l’indépendance de son pays.

Selon un de ses fidèles collaborateurs, Aboubacar Sonparé, ancien président de l’assemblée nationale qui s’est adressé à la Bbc, «Sekou Touré est l’homme qui a le plus marqué l’histoire contemporaine de la Guinée. (...) la politique du premier président de la Guinée indépendante mettait en valeur la notion de nation qui conduit au développement. »

Et si aujourd’hui on parle de la Guinée de Sékou Touré c’est selon M. Sonparé, à cause de ses qualités nationalistes qui ont permis d’unifier le pays. Pendant que cet ancien collaborateur du premier président guinéen faisait son éloge, d’autres pensent que Sékou Touré est tout le contraire de ce qu’il dit de lui.

Sékou Touré a aussi fait des victimes qui gardent de lui, l’image d’un mécréant qui n’a pas eu le temps de répondre de ses actes avant de mourir.  Bbc rapporte que l’association des victimes du camp Boiro a expliqué qu’«il n’a eu de mérite que l’invention des complots qui n’avaient pour but que d’éliminer l’élite guinéenne. »

Quand on parle du «complot de petit Touré», explique le président de cette association Sidiki Ba Keita, «c’était un acte simple de création de parti qui a été qualifié de complot, il y’a eu le complot des syndicats des enseignants.»

Qu’il soit apprécié ou non, une chose est sûre, Sékou Touré demeure présent dans l’esprit des Guinéens 30 ans après sa mort et peut-être jusqu’à la fin des temps.