La Nouvelle Tribune

Sénégal : Macky Sall veut séduire la Casamance

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« Casamance Pôle de développement ». C’est le projet que le président sénégalais Macky Sall a emporté avec lui en Casamance ce lundi. « Casamance Pôle de développement » est un projet que le président va lancer ce lundi 17 mars 2014 dans cette région du Sud du pays minée par une rébellion sécessionniste du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) depuis 30 ans. 

Le président sénégalais s’est ainsi engagé à rechercher des solutions pour la résolution de cette crise qui menace dangereusement l’intégrité territoriale du pays. Avant d’être élu président, Macky Sall avait compris l’urgence de la résolution de la crise casamançaise. Déjà pendant la campagne électorale de 2012, il avait déclaré que sa priorité était « la résolution définitive de la crise en Casamance par un dialogue inclusif ».

Avant cette visite,  Le président sénégalais Macky Sall avait délégué une Ong italienne pour une médiation en faveur d’une  sortie de crise. Après des échanges avec  l’intrépide chef  de guerre en Casamance, Salif Sadio, le père Angelo Romano de  l’Ong italienne Sant’Egidio a de quoi espérer une résolution de la crise. « Les 2 parties sont en train de faire un grand effort, l’un envers l’autre, pour trouver une solution négociée à la crise casamançaise ».

Du pain sur la planche

Le dégel de la crise casamançaise n’est pas pour tout de suite. Le pari de la résolution de cette crise est loin d’être gagné par le jeune président sénégalais. Selon Jean-Claude Marut, chercheur français spécialiste de la crise casamançaise, les propositions faites ne vont pas au-delà des questions de développement économique et de désenclavement. Les négociations semblent occultées d’autres dimensions de la crise comme celles politique et militaire.  « A aucun moment, il n’est question de la dimension politique qui est posée par le Mfdc, celle du statut » a-t-il remarqué. A l’en croire, il serait difficile de voir des hommes du Mfdc, déposer les armes après 30 ans de combat sans une reconnaissance officielle. Et même si le mouvement paraît affaibli sur le plan politique, selon le chercheur, il ne l’est pas sur le plan militaire.

Une autre difficulté dans la résolution de la crise est la multiplicité des associations et mouvements de médiations parfois contradictoires. En dehors de l’Ong italienne Sant’Egidio il y a le Centre de dialogue humanitaire, les religieux, Aminata Sow Sidibé, ministre conseiller de Macky Sall, le groupe de réflexion de l’ancien maire de Ziguinchor Robert Sagna et  une Ong suisse.